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Vulnérabilités et politiques d’adaptation au changement climatique

publié le , mis à jour le

Événements extrêmes et catastrophes naturelles

Des évènements comme les épisodes El Nino en Amérique Centrale, la canicule de 2003 ou l’ouragan Katrina ont illustré la vulnérabilité de nos sociétés. Il est aujourd’hui prioritaire de mieux comprendre :
- les facteurs d’amplification des dommages : on s’intéresse ici non
seulement à l’évaluation des conséquences instantanées d’un événement extrême, qui dépend en particulier des interactions entre les secteurs économiques plus ou moins touchés, mais aussi à l’ensemble du processus de reconstruction qui ramène l’économie vers son fonctionnement normal.

Pour cela le modèle ARIO (Adaptive Regional Input-Ouput) vise à
représenter les interactions sectorielles et le comportement des acteurs
(ménages, gouvernement, entreprises). Il permet, par exemple, d’évaluer les pertes de production causées par un événement et leur dépendance à la pénétration de l’assurance.

- l’interaction court-terme/long-terme : Un point critique est
d’examiner comment un événement ou la répétition d’épisodes extrêmes peut constituer un frein au développement en cas d’inertie de la reconstruction des infrastructures (insuffisance ou retard des
financements, pénurie de main-d’œuvre qualifiée, contraintes
organisationnelles) et de propagation macroéconomique des déséquilibres.

- la détection et la mesure au niveau local des risques engendrés par
le changement climatique. Celui-ci remet en cause les méthodes
traditionnelles qui reposent sur l’analyse de séries historiques
supposées stationnaires. Une meilleure compréhension du lien entre
climat moyen et occurrence de catastrophes doit déboucher sur une
définition plus pertinente des seuils de vulnérabilité.

Adaptation aux changements climatiques et évaluation des impacts

Les impacts du changement climatique sont compris comme la somme du coût de l’adaptation et des impacts résiduels, que l’adaptation ne peut réduire. La définition des mesures d’adaptation demandera des
évaluations des bénéfices et des coûts de ces stratégies. L’évaluation des bénéfices rend nécessaire la prise en compte des impacts indirects et des effets d’amplification discutés plus haut. Les coûts d’adaptation, qui sont en général des dépenses d’infrastructures à forte inertie doivent prendre en compte les risques de mal-adaptation dans un climat en évolution mais peu prédictible à l’échelle locale.

On distinguera ici trois grands domaines :

- les agro-systèmes : l’outil Nexus Land-Use est mobilisé
conjointement à d’autres outils (modèles agronomiques et modèles
climatiques) produits par le LMD, le LSCE et l’INRA. Il est utilisé
pour évaluer la capacité d’adaptation de l’agriculture mondiale à un
contexte climatique modifié, aux échelles continentales, notamment sous contrainte de schémas d’irrigation. L’enjeu est de cerner des
trajectoires d’évolution des filières techniques et d’utilisation des
terres mieux adaptées au nouveau contexte climatique et les mécanismes économiques permettant d’assurer la résilience de certaines productions clefs comme la production de coton en Afrique de l’Ouest dans le cadre du projet AMMA avec le LMD de Jussieu.

- les infrastructures urbaines : les infrastructures urbaines sont
une intrication de bâtis et de réseaux qui en fait un système adapté aux
conditions climatiques locales. La vulnérabilité des villes à un
changement de ces conditions dépend de la difficulté d’adapter
simultanément chaque composante de ce système (les conséquences d’une crue de la Seine iraient bien au-delà du coût de remise en état du
métro). Il s’agit ici d’un côté d’examiner, en lien étroit avec les
sciences du climat et les sciences de l’ingénieur, les déterminants de
la vulnérabilité des villes (en particulier les phénomènes de très
petite échelle) et les mesures d’adaptation imaginables (climatisation
des transports, isolation des bâtiments, végétalisation des façades,
parcs etc.). Il s’agit aussi d’examiner les effets de propagation de
possibles mal-adaptations en particulier via la perte de valeur du
capital immobilier.

- le partage assurance - mutualisation : un impact important de la
montée des risques environnementaux est l’évolution de l’assiette des
dommages couverts par les systèmes d’assurance et ré-assurance. Cela renvoie dans un second temps aux limites économiques de la mutualisation des risques et à la prévention des comportements de non adaptation qu’une telle mutualisation risque d’encourager. L’évolution du partage assurance/mutualisation constitue un paramètre important de l’évaluation des dommages directs mais aussi de l’effet d’amplification de ces dommages via l’impact de leur non couverture sur le revenu disponible des agents et sur les effets à long terme de leurs comportements d’adaptation à court terme,

Information météorologique & stratégies pro-actives de moindre risque

Alors que des comportements traditionnels de précaution se perdent, les risques naturels sont de moins en moins acceptés et la demande de protection est en forte augmentation. Il devient donc important de mieux mesurer le risque pour concentrer les moyens là où ils sont le plus efficaces, et de développer des stratégies de gestion du risque qui permettent d’aller au delà de la gestion « réactive ». Une dimension cruciale est ici le lien entre l’information que peuvent produire les services météorologiques, l’usage qui peut en être fait par les gestionnaires de risque et la planification des infrastructures. Cela renvoie à la notion de valeur de l’information météorologique, et aux modes de production, diffusion et distribution de cette information, en dehors des situations de risques majeurs, en s’intéressant à l’utilisation de cette information dans les processus de production des secteurs les plus exposés (production électrique, agriculture, tourisme, habillement, transport).

Partenariats

- En France, l’équipe Adaptation du Cired collabore régulièrement avec les équipes de Météo-France, le LMD, la LOCEAN, le CERES, le CSTB, et l’OCDE.
- A l’international, elle collabore avec la London School of Economics (UK), l’Université de Southampton (UK), Risk Management Solution Inc. (USA/UK/Inde), IIT Bombay (Inde), le MIT (USA), Stratus Consulting (USA), et l’Université de Pékin (Chine).