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Sur la communication par le web d’un laboratoire de recherche

publié le , mis à jour le

Cet article compare les fonctionnalités et l’organisation de seize sites de laboratoires de recherche. Une analyse matricielle (sites × fonctions) de l’échantillon révèle d’un recouvrement notable des besoins. L’échantillon est ensuite réévalué subjectivement, en récapitulant les bonnes pratiques, présentées plus normativement et (partiellement) listées sous forme de critères de qualité. Cette démarche nous a permis d’élaborer l’architecture de notre propre site de laboratoire, décrite et proposée ici comme un point de départ dans la réalisation d’un squelette réutilisable clé-en-main basé sur le système de gestion de contenu pour internet SPIP.

Table des matières

  Résumé à l’intention des décideurs.
 1. Introduction.
 2. Synthèse des observations.
 2.1 La méthode.
 2.2 Statistiques techniques sur l’échantillon.
 2.3 Prééminence des rubriques dans l’échantillon de sites.
 3. Analyse qualitative.
 3.1 Premiers aperçus.
 3.2 Synthèse.
 3.3 Besoins d’un site web scientifique.
 4. Vers un projet normatif.
 4.1 La " page d’accueil ".
 4.2 Navigation.
 4.3 Exceptions culturelles.
 4.4 Fonctionnement dynamique.
 5. La réalisation.
 5.1 Le contexte.
 5.2 L’architecture générale du site.
 5.3 Spécifications techniques additionnelles.
 6. Conclusions.
 Remerciements.
 Références.
 Annexes.

Résumé à l’intention des décideurs

Ce texte s’adresse à tous ceux qu’intéresse l’élaboration raisonnée d’un site web pour une unité de recherche de moins de 100 personnes, soit parce qu’ils envisagent d’en (re)créer un, soit parce qu’ils souhaitent développer la réflexion sur ce mode de communication au service de la recherche scientifique.

Notre objectif est de convaincre de la possibilité et de l’opportunité de développer simultanément une démarche communicationnelle et un outil logiciel de gestion de sites web dynamique, de façon adaptée aux besoins d’un métier : la recherche.

La première partie du document procède à une analyse matricielle d’un petit échantillon de sites collègues envers lesquels nous reconnaissons amicalement une dette de cruauté. Nous examinons notamment les facteurs de " prééminence " et d’" affiliation " entre les rubriques autour desquelles s’organise la communication du contenu des sites. Les résultats suggèrent l’existence de solutions communes : plate forme Apache/PHP, types de contenus présentés dans les sites (tutelles, actualités, équipe, thèmes de recherche, enseignements...) ; mais aussi un besoin d’harmonisation par le haut des solutions techniques et de coordination quand à l’organisation conceptuelle des sites (notamment la position des thèses et des pages personnelles).

La seconde partie résulte d’une réflexion critique sur l’ensemble des fonctionnalités d’un site web : l’indispensable mais très " contournable " page d’accueil ; la navigation ; les aspects culturels (image, multilinguisme, accessibilité) ; et la difficile mais cruciale " politique d’actualisation ". Le texte ébauche pour certains de ces aspects un ensemble de règles normatives. Ces critères de qualité peuvent servir d’appui à une réflexion divergente mais toujours soucieuse de cohérence, pour lancer la discussion. Ils sont aussi conçus pour vérifier un travail réalisé (rôle de test de recette). Il s’agit en somme d’un recueil des bonnes pratiques que nous nous sommes imposées.

La troisième partie décrit la réalisation de la dernière version du site web de notre laboratoire (la troisième). Nous mettons le résultat à disposition comme un logiciel libre, une maquette réutilisable de site de labo. Cette maquette est un squelette du logiciel SPIP, qui offre un contexte de développement très dynamisant, et surtout bien adapté à la démarche.

Cette expérience mérite d’être poursuivie pour les seuls besoins de notre équipe, mais il nous semble flagrant que l’on gagnerait à élargir le champ et à fédérer des expériences similaires. Nous souhaitons par ce retour d’expérience mettre en marche une collaboration incitative, transmissible, et prolongeable au-delà du temps et des moyens dont nous avons disposé.

En effet il est urgent de traiter définitivement les problèmes techniques communs afin de pouvoir passer à l’essentiel, c’est-à-dire la communication scientifique sur le web, telle que le besoin s’en fait sentir de plus en plus clairement : une communication directe, de qualité, gérée efficacement par un site web au contenu dynamique.

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1. Introduction

Pour leur site web les laboratoires de recherche ont tous des besoins proches, mais chacun perd son temps à réinventer la roue face aux mêmes problèmes techniques. Il est urgent de partager une solution logicielle libre et de complexité minimale afin de pouvoir consacrer les efforts à l’essentiel : la communication scientifique. Pour cela nous avons entrepris de développer un squelette SPIP.

L’objectif de notre travail est double. Pour le CIRED, il a servi à concevoir le squelette spécifique dont notre laboratoire a besoin pour son propre site web dynamique. Pour l’ensemble de la communauté, nous avançons des éléments de discussion qualitatifs et quantitatifs étayant l’idée d’une solution logicielle générique libre spécialement adaptée aux besoins des laboratoires de recherche.

En démontrant la faisabilité technique d’une telle solution, cet exposé souhaite dynamiser le débat au sein des institutions de recherche, telles que le CNRS et l’EHESS, vers une étape de réflexion centrée sur les objectifs, enjeux et contenus de la communication. Nous souhaitons ainsi que cette démarche suscite l’intérêt aussi bien des concepteurs-promoteurs de sites web, que des décideurs institutionnels en matière d’harmonisation et de développement de la communication scientifique.

Cette description de la (troisième) refonte du site de notre laboratoire s’organise en trois étapes : interprétation de l’existant, réflexion sur les principes, réalisation d’un nouveau site web. La première étape (sections 2. et 3.), essentiellement descriptive, s’appuie sur un petit échantillon de sites web [1]. On procède à une analyse matricielle très synthétique des fonctionnalités et de l’organisation de chaque site, pour estimer le degré de similitude entre les situations et vérifier le bien fondé de l’hypothèse selon laquelle les besoins se recouvrent suffisamment pour justifier un investissement dans un squelette générique. La seconde étape (section 4.), plus critique et nettement normative, répertorie des bonnes pratiques et fonctionnalités dans les sites observés. La troisième étape (section 5.) propose en logiciel libre un squelette de site web actuellement mis en oeuvre au CIRED.

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2. Synthèse des observations.

2.1 La méthode.

On s’intéresse aux besoins de communication d’une unité de recherche de la taille
d’un laboratoire de sciences humaines du CNRS, c’est-à-dire moins que 100 personnes.
Étant donnée la diversité des conceptions qui semble caractériser
les sites web de ce type d’organisation, il peut paraître réducteur de leur
appliquer systématiquement la rigueur d’une grille d’analyse unique, et a fortiori sur
un échantillon limité. Pourtant cet exercice va rendre observable une structure
commune sous-jacente. À cette fin, nous avons construit un tableau d’ensemble disposant
les 16 sites en colonnes et leurs caractéristiques principales en ligne. Le
détail des observations est consultable en annexe. Dans la suite de
cette section, nous ferons seulement ressortir les traits marquants de l’étude.


Pour un échantillon plus conséquent, et pour l’analyse d’un plus grand nombre de
fonctionnalités, la présentation en tableau deviendrait impraticable, mais le
principe consistant à analyser les uns par rapport aux autres, fonction par fonction et
de façon objective et critique, les sites web d’une même famille, demeure
parfaitement valide pour tenter de répondre à la question : peut-on
modéliser des sites web scientifiques par genre ?


C’est ce principe, permettant d’extraire d’un échantillon déterminé un
format-type de site, qui permet plus essentiellement de rechercher et de définir une
cohérence des sites web (pour la navigation, la maintenance ...) créés
à partir d’un " squelette logiciel " générique
adapté, et pour l’avenir d’envisager l’élaboration progressive (dans un contexte
de logiciel libre) de variantes plus avancées ou spécialisées, mieux adaptées à
l’évolution et à la prise en compte des besoins [2] sans renoncer aux cohérences techniques et fonctionnelles de
base. Nos observations se répartissent finalement selon trois points de vue :

  1. D’un point de vue technique, nous avons utilisé des agents web [3] pour examiner la validité des pages, leur taille, la popularité du site dans les moteurs de recherche, l’accessibilité, l’environnement d’hébergement (en-têtes du serveur).
  2. Du point de vue de la logique organisationnelle, nous avons estimé la prééminence " accordée aux divers types de contenus, en parcourant les sites et en comptant le nombre de clics à partir de la Une, permettant d’accéder aux éléments d’information comme l’adresse ou la liste des membres.
  3. Du point de vue de la communication, nous avons effectué une analyse subjective de la praticabilité  [4] des sites. Pour chaque aspect examiné, nous avons également réalisé un comptage ou un commentaire informel pour extraire une caractéristique commune au sein de l’échantillon.


En matière de prééminence (point b) l’analyse a porté sur un
ensemble d’éléments, organisés en thèmes pour les besoins de
l’étude. Ces thèmes se répartissent entre deux groupes. Le premier groupe
correspond aux caractéristiques structurelles et transversales du site, à
savoir :

- Maquette : Les logos, les barres de navigation horizontales ou verticales, les langues proposées, le nombre de colonnes.
- Fraîcheur : Date de création et d’actualisation de la page de Une.
- Navigation : Plan du site, Moteur de recherche, quot ; Vous êtes ici " (breadcrumbs).


Le second groupe correspond aux éléments de contenu présents sur le site
et concerne les informations suivantes :

- Présentation du labo : Adresse, Plan d’accès, Thèmes de recherche, Équipes, Thèses, Liens, Actualités, Invités & visiteurs.
- Pages personnelles : nous avons relevé la proportion approximative de personnels en ayant une et leur caractère harmonisé ou non.
- Organigramme institutionnel : Tutelles-hébergement, Comités divers, Charte scientifique, Partenaires & réseaux, Annuaire, Anciens, Administration et crédits, Documentation, Moyens Informatiques.
- Rayonnement et communication : Manifestations, Forums, Séminaires, Enseignement, Publications, Téléchargement, Contacts.


Cette thématisation constitue une grille d’analyse ex ante. Certes cette
structuration des observations reflète nos a priori, mais c’est
inévitable. Elle répond au besoin de compléter et d’expliciter les deux
autres aperçus entre le très quantitatif du (a) et l’évaluation
qualitative de praticabilité du (c).


Dans un travail ultérieur à partir d’un échantillon éventuellement plus
important, la grille d’analyse demanderait à être reconstruite en tirant profit
des enseignement de cette étude. L’analyse de la prééminence de ces
rubriques gagnerait à tenir compte de paramètres tels que le poids des sites, ou
le nombre total de pages archivées et consultables hors site.
 [5]
Il serait aussi intéressant d’examiner la
simultanéité (complémentarité) ou l’alternance
(substituabilité) des rubriques qu’on rencontre en position médiane (telle que
partenaires, manifestations, thèses...).


On pourrait aussi utiliser ce type d’enquête pour établir des diagnostics sur
l’organisation générale de l’activité de la recherche : par exemple, des
rubriques telles que " manifestations ",
" séminaires ", " publications "..., renvoient
à des fonctions d’agenda dont l’équilibre peut être significativement
corrélé avec l’existence d’autres rubriques telles que
" partenaires ", " moyens informatiques ",
" documentation", et peut ainsi être significatif d’un certain état de
la recherche dans un secteur donné ; cette connaissance pourrait contribuer à la
gestion générale de la recherche, au positionnement des équipes, etc.
 [6]

[retour à la table des matières]

2.2 Statistiques techniques sur l’échantillon.

Ces observations quantitatives automatisées se sont limitées à la page d’entrée de chaque site (la Une). Les points suivants ont été observés : en-têtes HTTP, popularité dans les moteurs de recherche, poids, qualité du code (jugée par le nombre d’erreurs et d’avertissements de l’utilitaire tidy), liens et champs métas.

- Dans les en-têtes, sur les 16 sites observés, 12 annoncent Apache 1, 3 sites Apache 2, 1 site IIS. Treize annoncent UNIX, deux Win 32, un inconnu. Onze serveurs annoncent PHP4, cinq n’annoncent rien. Deux pages annoncent une date de mise à jour en 2003, les autres une mise à jour dans la semaine.
- La popularité moyenne dans Google est de 101 citations, le maximum est 409 et une distribution à peu près en cloche. La page moyenne pèse 10Ko, dont un tiers de texte utile pour deux tiers de balisage HTML, et comporte 13 images pour un poids
total de 36 Ko textes+images. Trois pages d’accueil contiennent une syntaxe HTML incorrigible par tidy, et pour les autres cet utilitaire réduit le poids des pages de 10% (avec néanmoins 44 avertissements) en moyenne.
- La page moyenne comporte 13 liens, avec une distribution très asymétrique : maximum à 70, puis 35, puis 3 pages entre 12 et 10 liens. En moyenne environ 3 de ces liens sont des adresses courriel, 5 pointent dans le site et 5 vers des domaines extérieurs.
- Trois sites ont un lien brisé (erreur 404) sur la page d’entrée. Seuls 4 sites utilisent les CSS. Les métas sont peu utilisés, 1,3 en moyenne, le plus fréquent (4) étant content/type, avec charset=iso-8859-1. Trois sites annoncent Frontpage comme GENERATOR, et un Mozilla.

En résumé, pour les sites web de laboratoire l’infrastructure Apache / PHP
nécessaire à un gestionnaire de contenu de la classe de SPIP est typiquement
déjà en place. La qualité technique de réalisation est variable, en
particulier le nombre de liens brisés et de pages syntaxiquement valides est au
delà du niveau de qualité acceptable dans un contexte professionnel.

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2.3 Prééminence des rubriques dans l’échantillon de sites.


Selon Le Littré, la prééminence est la
" prérogative en ce qui regarde la dignité et le rang ".
Différents sites accordent une prééminence différente à
divers éléments d’informations, appelées ici
" rubriques " par analogie avec la structure d’un magazine. Nos
observations à cet égard sont synthétisées sur un graphe
(Graphique 1). Pour chaque rubrique, l’axe vertical rapporte sa
" profondeur " moyenne dans l’arborescence des sites à partir de la
page d’accueil, et l’axe horizontal rapporte sa fréquence d’apparition dans
l’échantillon, c’est-à-dire ici le nombre d’occurrences sur 16 sites
examinés.

Graphique 1 : Profondeur et présence des rubriques dans les sites web examinés.
Graphique 1 : Profondeur et présence des rubriques dans les sites web examinés.

Une première lecture horizontale du graphique amène à distinguer les
rubriques fréquentes des rubriques rares :

- Les rubriques les plus fréquentes (moitié droite de la figure) sont
les items d’information que beaucoup de laboratoires jugent important de présenter sur
leur site. Leur contenu constitue sans doute la plus grosse partie du site. Par leur
importance, on pourrait s’attendre à ce qu’elles apparaissent toutes à faible
distance de la page d’accueil (dans le quart inférieur), c’est-à-dire une
anticorrélation entre les deux indicateurs (fréquence, profondeur). Or elles se
trouvent distribuées à peu près uniformément selon la dimension
verticale.


Ce résultat est dû à la présence de dépendances logiques entre ces
Rubriques, qui contraignent leurs positions relatives. Par exemple, l’axe de pénétration ‹ page d’accueil →
équipe → thèmes de recherche → publications → pages
perso › semble parfaitement privilégié dans la quasi totalité
des sites web scientifiques. Un autre axe de pénétration apparait
d’importance : ‹ page d’accueil → actualités →
séminaires / enseignement → thèses → pages perso ›.


Tout en étant plus nombreuses (effet d’arborescence) les différentes rubriques de
second niveau sont moins fréquentes que les rubriques de premier niveau dont elles
dépendent. C’est le long de ces axes de pénétration que l’on observe
l’effet d’anticorrélation attendu : la pente de la représentation graphique
de ces axes de dépendance logique est généralement négative. Qu’advient-il, ainsi, des contenus ?

- L’examen des rubriques relativement peu fréquentes ne laissent pas
transparaître de dépendance logique dans leurs positions relatives d’accès ;
on peut les considérer a priori comme des rubriques
" célibataires ".

- Les deux rubriques jumelles − " search " et " plan du
site " − se retrouvent à la médiane de l’échantillon et à
moins d’un clic de profondeur. Elles apparaissent comme substituables dans notre
échantillon : cette position s’explique par la présence d’une seule des deux
sur la majorité des sites plutôt que par la présence des deux dans la
moitié des sites. Ces modes d’accès sont conçus pour shunter tous les cheminements hypertextuels correspondant aux hiérarchies logiques ou symboliques organisant les contenus au sein
d’un site, en autorisant une navigation accélérée et efficace au détriment du lèche-vitrine.


La lecture verticale du graphique, en nombre moyen de " clics "
nécessaires pour accéder à une rubrique, amène à stratifier
la figure en trois couches et discuter les logiques d’accès dans lesquelles circulent
les utilisateurs :

- " Page d’accueil et à portée de clic "
 (entre 0 et ≈1 clic)


Depuis la page d’accueil, ou bien sur la page d’accueil même, on trouvera le plus
fréquemment la rubrique " actualités ", ce qui semble
logique dans la mesure où elle affiche la dynamique du site et de son contexte. Seule la
rubrique " tutelles " la devance en fréquence et en
accessibilité, probablement du fait d’y être accessible via les
" logos " cliquables qu’on retrouve systématiquement
placés en première, en raison du statut spécifique des labos de recherche
scientifique, généralement rattachés à une institution.


Viennent juste après en termes de fréquence des rubriques à
caractère utilitaire : adresse, contacts, plan du site et moteur de recherche, dont
pour des raisons variables, l’accessibilité semble d’autant plus urgente que l’enjeu est
en fait sans contenu scientifique d’aucune sorte, comme l’adresse postale ou le
téléphone. Il s’agit donc là de rubriques célibataires, dont la
dépendance logique à l’égard des contenus scientifiques est
généralement faible.


En dernier lieu, on peut trouver ( pas toujours) un accès aux rubriques rares
(" anciens ", " administration et crédits ",
dont on fait ressortir le lien en première page par choix éditorial ou parce
qu’il deviendrait définitivement introuvable s’il était placé ailleurs ! On
peut aussi trouver sur la page d’accueil, pour des raisons similaires, des rubriques à
caractère exceptionnel telles que " forum " ; cette dernière
rubrique peut à elle seule justifier de la création d’un site dans le contexte
d’une événementialité forte telle que catastrophe, conflit,
politisation aigue d’une controverse à base scientifique, etc..., mais elle peut ne concerner aussi qu’un aspect très
particulier de l’activité du laboratoire. De toute façon, cette
accessibilité directe se rapproche de celle d’une rubrique d’actualité de forte
dynamique, à l’image de l’activité du laboratoire.


Les rubriques " utilitaires " et les rubriques " rares " apparaissent ainsi comme des rubriques situées dans le contexte de la page d’accueil ou du site globalement considéré.


Donc, en accès quasi direct sur la plupart des sites, on trouve à la fois
l’ancrage institutionnel permanent et l’aspect le plus vivant voire
éphémère du site. Par le biais de cette polarisation, la page d’accueil
s’anime du couplage des deux formes a priori les plus antithétiques de la mémoire
du laboratoire que le site représente : la mémoire stabilisée la plus
à long terme (ancrage institutionnel), et la mémoire versatile la plus à
court terme (l’actualité du laboratoire et celle du contexte de son activité).

- " Dès le premier clic, ou peu s’en faut "
 (entre 1 et 2 clics)


Au-delà de la page d’accueil commencent les choses
" sérieuses ", réservées aux
visiteurs réellement motivés, et concernant l’activité de fond et
l’organisation interne des labos. On va donc rencontrer à ce premier niveau
déjà très détaillé (celui du découpage en sections)
et d’accessibilité encore forte (après une première orientation), et selon
une fréquence élevée pour ne pas dire dans la plupart des cas, les rubriques
suivantes : " l’équipe ", les " thèmes de
recherche ", les " publications ", les activités
d’ " enseignement " , les " partenaires " et les
" manifestations ".

- " Au delà du premier clic : dans la profondeur des
sites "
.  (2 clics ou plus)


Au-delà du premier clic, les rubriques fonctionnent comme sous-rubriques
dépendantes des rubriques de premier niveau. (il ne s’agit pas de rubriques à caractère contextuel dont les intitulés peuvent être extrêmement variés et ne peuvent pas être pris en compte dans notre échantillon)


La position hiérarchique des rubriques émerge d’une confrontation entre plusieurs
logiques. La logique d’exposition est guidée par la nécessité de
présenter une navigation claire, avec un petit nombre de rubriques par niveau. La
logique de classification des contenus relève de la structuration conceptuelle des
activités. Enfin une logique d’ordre symbolique traverse les relations sociales de tout
groupe humain comme une unité de recherche. Des compromis sont nécessaires.


Ainsi on trouve parfois un lien direct sur la page d’accueil ou une rubrique
dédiée dans la barre de navigation pour ces " sous"-rubriques. Le
tableau 1 rapporte des relations fréquemment observées, qui correspondent
aux flèches montantes sur l’illustration 1. Les thèses et les pages personnelles
sont les rubriques qui semblent les plus difficiles à positionner.

Rubriques maîtres Rubriques affiliées
Enseignement Thèses, Séminaires
Thèses Pages persos
Actualités Séminaires
Équipes Pages persos
Thèmes de recherche Publications, Téléchargements, Thèses
Documentation Téléchargements
Tableau 1 : Relations fréquemment observées entre
rubriques.

En résumé, il ressort de cette stratification une structure
générale dans l’organisation des sites webs de laboratoire :

  • Une couche " d’accueil ", qui représente l’étage institutionnel et de l’actualité, un peu comme une vitrine, dont l’assortiment adresse en permanence un message d’organisation et d’ambiance " ici et maintenant ", en amorçant une mise en situation du regard, en sollicitant une attention.
  • Une couche contigüe à la couche d’accueil, et relative aux membres et aux activités de l’organisation détentrice du site ; c’est l’étage humain, vivant. On pourrait dire la boutique avec son organisation en comptoirs et rayons qui offrent une première orientation aux demandes particulières des visiteurs.
  • Enfin une couche relative aux productions et aux archives, elle-même contigüe à la précédente. C’est l’étage des contenus matériels, des stocks et de leurs inventaires, où les tiroirs sont ouverts et leurs contenus exhibés.


Cependant, cette métaphorisation d’un espace local s’opère au moyen d’un empilement de " pages " qui se font mutuellement écran. L’effet d’arborescence s’y traduit dans le fait qu’à chaque étage de la structure, les étages suivants sont préannoncés. Il nait assez souvent une confusion, ou une tentation, dans cette apparente transparence de chaque couche à la suivante qui fait voir en vitrine le fond du magasin. Nous verrons que ce phénomène est maîtrisable à partir d’une conception rigoureuse de la présentation des sites.
Enfin on ressent à quel point les sites webs de laboratoire scientifiques sont des
émanations directes d’organisations humaines spécifiques, et combien,
au-delà d’un apparent principe général d’organisation, le souci
d’échange et d’évaluation/valorisation des productions (aussi bien dans l’espace
scientifique que public) va peser sur la logique (ou la rhétorique) de l’organisation de
ces sites en rubriques hiérarchisées. C’est sans doute une
spécificité par rapport à d’autres catégories de sites
d’échanges d’information, comme ceux de la presse fonctionnellement
orientés vers la diffusion.


En dernier ressort, on doit considérer a fortiori que les sites web de
laboratoires ne sont pas de simples reflets des organisations qui se représentent au
travers d’eux, ni des institutions qu’elles représentent de fait, mais un nouvel
élément constitutif de ces organisations. C’est la raison pour laquelle les sites
web actuels sont nécessairement très évolutifs : leur insertion dans
le processus organisationnel représente aussi une transition et met en jeu des
facteurs variables et nouveaux.

[retour à la table des matières]

3. Analyse qualitative

3.1 Premiers aperçus.

Afin de disposer d’un premier éclairage, nous livrons ci-aprè quelques aperçus
" critiques ", tout à fait subjectifs et incomplets, et qui ne doivent en aucun cas
constituer une évaluation même descriptive des sites que nous citons
 [7]
, ce dont nous n’avons guère les moyens à ce stade : il s’agit tout juste d’un tremplin pour notre réflexion, à partir de sites utiles. Que les équipes concernées y voient un
intérêt authentiquement amical de notre part, et pour le bien commun ! Dans le
cadre d’un juste retour des choses, nous serions très intéressés à
recevoir des commentaires sur www.centre-cired.fr/forum ... L’attention s’est portée
principalement sur la page d’accueil.

ENSICA-DMI (Département Math-Info de l’ENSICA).


Ce site, d’apparence esthétique et très maîtrisée, se
révèle à la navigation plutôt riche, et l’abondance d’informations,
d’hyperliens, de choix de disposition qui semblent ne délaisser aucune réserve
exploitable créent sans doute un peu de confusion de prime abord. Peut-être est-ce
la raison pour laquelle les concepteurs du site ont préféré n’utiliser
qu’une couleur, et ne pas redoubler cette richesse d’informations en une richesse de coloris.
Cet exemple, justement basé sur SPIP, semble bien caractériser une approche
fonctionnelle de la conception des sites web, trop proche du logiciel et rapidement
limitée par lui s’il répond mal aux questions d’ergonomie et de lisibilité
qui font la force d’une communication efficace. En effet, en tirant tout le parti possible des
fonctions déjà disponibles, peut-être pour pallier au défaut
d’autres indisponibles, on illustre indirectement les besoins de développement logiciel ;
par exemples :

  • Les "miettes" présentes sur chaque page du site s’avèrent très utiles pour s’y retrouver, mais a contrario elles dévoilent peut-être un excès de redondance entre les multiples chemins de navigation, lorsqu’elles induisent un " retour " qui constitue en réalité un nouvel hyperlien interne à ce site très riche et complexe. Ce site est typiquement exigeant à l’égard de l’internaute, auquel est demandé une attention très structurée ; mais s’agissant d’un site d’informatique...
  • Parmi les éléments contextuels de la page d’accueil, on note en évidence l’existence d’un calendrier non exploité, tandis qu’un élément aussi important que la localisation géographique du labo passe presque inaperçu.
  • La navigabilité de ce site conforte du même coup de bonnes idées : une barre de navigation dans la colonne de gauche dédiée au contexte institutionnel du site, plus une barre de navigation dans la colonne de droite dédiée au contexte de la page ouverte. Mais l’obligation de se passer de menus déroulants  [8] dans la barre de navigation principale, gêne la présentation et pénalise l’ergonomie de la navigation.

MIT, Joint Program on the Science & Policy of Global Change.


Il s’agit d’un programme complexe et d’envergure, un parmi tous les programmes du MIT. Ainsi la
présentation de " l’équipe " (intitulé exact de la section)
s’opère sous plusieurs angles de vue, et sur des pages distinctes dans leur
contenu-titre. C’est original et un peu déroutant de prime abord, mais cette complexité, loin de
nuire à la navigabilité du site, la révèle au contraire très
cohérente et efficace, avec juste ce qu’il faut de redondance dans les cheminements possibles, en favorisant la compréhension et l’ergonomie. La sobriété est de règle, elle semble constituer l’aboutissement d’une structuration très
poussée de la présentation des contenus sous forme de schémas, tableaux,
aux éléments directement cliquables : aussitôt vu, aussitôt cliquable. Dans
l’ordre des idées simples et efficaces, on remarque la brochure du programme,
téléchargeable, icônographiée d’entrée sur la page d’accueil sans se confondre avec un logo, et encore
une rubrique "outreach", qui rassemble et synthétise les divers axes de
rayonnement et d’animation.

LEPII (Institut d’Économie et de Politique de l’Énergie)
Au premier regard, on remarque les intitulés peu conventionnels ou ambigus pour des
sections standards, ce qui peut réduire leur visibilité, ou induire des fausses
routes de navigation : "coordonnées", ou confusion entre
"l’équipe" et "pages persos". Les barres de navigation
présentent des sections pour la plupart habituelles sur des sites similaires, mais leur
disposition horizontale et en parallèle les fait disparaître de l’écran au
moindre défilement de la page d’accueil, par ailleurs assez longue : le
multicolonnage améliorerait nettement l’ergonomie du site et l’affichage des pages.

LMD (Laboratoire de Météorologie Dynamique du CNRS).


Au premier abord... ce site est absent de sa propre page d’accueil (même son logo n’est
pas cliquable). Ce n’est qu’en la faisant défiler qu’on découvre tout en bas un
lien discret vers " La Page du Laboratoire ". Sur celle-ci, s’affiche alors
verticalement une liste de liens, en réalité les rubriques d’une véritable
barre des tâches à laquelle la page est dédiée, (faisant ainsi office de
plan du site ?). Ensuite tout devient clair et efficace, malgré ce
" tunnel " d’accès peu évident à la (barre de)
navigation.


DELTA (Département et Laboratoire d’Économie Théorique et
Appliquée - ENS).


On remarque en premier lieu le logo placé à l’en-tête de la page
d’accueil : bien dégagé, en forme de delta. Les sigles, supportés par
le logo, des organismes de tutelles sont bien lisibles, mais non cliquables, le logo même
n’étant pas cliquable. Son rôle est emblématique et allégorique, pas fonctionnel, à la limite de la contreproductivité en matière de logo,
car il est " partagé " entre trois organismes
qui possèdent déjà leur propre logo exclusif. On se rapproche d’un concept d’" anti-logo ", ce qui était peut-être voulu, au risque d’une désidentification du site.


On cherche ensuite la barre de navigation : on la trouve placée au milieu de la
page d’accueil, de sorte qu’elle n’apparait pas à l’écran dès l’affichage.
Pour les journaux imprimés, on veille bien à mettre les gros titres
" au-dessus du pli ", pour une bonne visibilité dans les
présentoirs.


Problème de pertinence des intitulés de section : certains sont non
explicites (" Jourdan "), voire totalement mystérieux
("XIX"). La navigation devient ainsi malaisée et imprécise. D’autant
plus qu’elle impose assez systématiquement le passage par des pages
intermédiaires (avec un clic supplémentaire).

CECO (Laboratoire d’Économétrie de l’École Polytechnique).


Une réelle et cruciale qualité de ce site tient à ce qu’en quelques
secondes de navigation, on sait comment il est organisé ! La constance des
caractéristiques des pages, leur esthétique typique (magnifique couleur jaune,
emblématique mais graphiquement discutable), la quasi absence de redondances interdit
une navigation " à la billebaude ". Carré, sympa,
efficace : cette sobriété réussit peut-être à
communiquer l’essentiel en termes d’image. Cependant le moindre lien rompu (listes des
thésards) risque de bloquer la navigation.


GREQAM (Groupement de Recherche en Économie Quantitative d’Aix-Marseille).


Page d’accueil riche en barres de navigation, rubriques, couleurs, logos..., ce qui provoque
une approche relativement confuse. La navigation à partir du sitemap est mal entretenue
(liens rompus), mais on remarque la présentation de cette page en damier, non
linéaire et originale, qui pourrait éventuellement inspirer une réflexion
plus approfondie.


G.R.E.M.A.Q. (Groupe de Recherche en Économie Mathématique et Quantitative).


Très simple, sans prétention ni téléchargements en ligne, mais
très bien tenu à jour en tant que page de l’une des " Equipes d’accueil
liées à un organisme de recherche " du site de l’UT1. Cela montre
l’importance d’un critère de maintenabilité des sites web. Cependant, cette
équipe n’a pas en propre de véritable " page d’accueil ",
cette rubrique étant réservée à celle de l’UT1. On prend donc
quelque temps pour s ’y retrouver.


BETA (Bureau d’Economie Théorique et Appliquée - U de Strasbourg).


Une barre de navigation principale faîtière très efficace dans sa
décomposition en rubriques, et dotée de menus déroulants extrêmement
pratiques. Cette barre de navigation, " persistante ", et accessible sur
toutes les pages du site, rend la navigation facile et rapidement compréhensible. Ce
site est bien organisé et bien entretenu. La communication y semble
privilégiée, et l’esthétique y prend une part discrète : la
colonne " Les News du BETA ", bien placée à droite, sur un
léger voile photographique, significatif mais sans ostentation (vue plongeante sur
l’Université). Un regret : la " English version " s’affiche
" in progress ".

CEREMADE (Centre de Recherche en Mathématiques de la Décision -
Université Paris-Dauphine).


Il semble difficile de créer une formule de site plus limpide et de navigation plus
facile. Dès que l’on cherche un contenu, une rubrique lui est consacrée ! Et cette
rubrique est affichée sur la page d’accueil et dans la barre de navigation tout au long
de la navigation ! Les Logos sont bien disposés et cliquables en haut de la page
d’accueil affichant toutes les rubriques. La " English version " ne
concerne pratiquement que la page d’accueil (pas même la barre des tâches). Des liens
rompus bloquent certains retours de la navigation.

LAMSADE (Laboratoire d’Analyse et Modélisation de Systèmes pour l’Aide
à la décision - Université Paris-Dauphine).


La présentation est élégante, particulièrement l’en-tête de
la page d’accueil, par ailleurs consacrée à la barre de navigation. Ce site
commence à être suffisamment complexe pour justifier un "plan du site"
qui fait défaut. De même, le réseau des partenaires se laisse
découvrir au gré des pages sans qu’une rubrique ou un traitement particulier lui
soit consacré. La " English version " n’est ici aussi qu’une petite
aide limitée à la navigation. À noter : présence du bouton de
retour à la page d’accueil sur chaque feuille.

MODEM (MOdélisation de la Dynamique Economique et Monétaire - Paris X -
Nanterre).


Site très efficacement organisé, avec une simplicité un peu abstraite (le
jeu du logo). Les rubriques principales ouvrent des pages affichant des sous-rubriques :
les sections de la barre de navigation mériteraient des menus déroulants. Une
fois repéré, le discret logo cliquable assure le retour à la page
d’accueil depuis tout le site. L’ensemble est extrêmement lisible.

THEMA (THéorie Economique, Modélisation et Applications - Cergy-Pontoise et
Paris X-Nanterre).


Ce site est bien organisé et de navigation aisée, en dépit du
dédoublement de la page d’accueil en une page d’entrée quasi inutile et la
véritable page d’accueil, ainsi non directement accessible tout comme la navigation vers
les sites de tutelles via la rubrique " contacts ", mais pas par la
sous-rubrique " organismes de tutelle " ni par les logos cliquables de la
page d’accueil. L’usage des barres de navigation est assez exemplaire, avec une distinction
très lisible entre barre de navigation "structurelle" (navigation de premier
niveau) et "contextuelle" (représentée sous forme d’onglets).

LET (Laboratoire d’Economie des Transports).


Pour ce site aussi, manifestement très " pro ", on relève un
dédoublement de la page d’accueil en une page d’entrée et la véritable
page d’accueil (ainsi non directement accessible). Mais à la différence du site
de Thema, cette page d’entrée est déjà très fonctionnelle (mais pas
forcément le dédoublement). On remarque l’efficacité de la barre de
navigation persistante et le logo du site sur chaque page, cliquable et assurant le retour vers
la (première) page d’accueil. Enfin, point d’excellence : la version anglaise
intégrale.

3.2 Synthèse.


L’observation qualitative des sites confirme une forte
hétérogénéité dans la réalisation des sites,
malgré une homogénéité voire une banalisation de la plupart des
catégories
utilisées et des fonctionnalités mobilisées. Les
laboratoires bénéficiant des services d’un logiciel de gestion de contenu de leur
université réalisent des sites de meilleure facture.


Cela vient sans doute du fait qu’en l’absence de support institutionnel, la réflexion
des concepteurs de sites repart presque toujours de zéro en matière de
communication, ou bien opère sur une base ambiguë d’imitation/distinction par rapport
aux sites existants, similaires mais rarement homologues : d’où
quelques errements, mais aussi d’astucieuses trouvailles.


En systématisant ce qui peut l’être, on éviterait les premiers et
favoriserait les secondes : la créativité, l’originalité. Il serait
donc judicieux de mieux connaître les contraintes effectives de la communication
scientifique sur le web, plutôt que s’appuyer sur un vécu presque exclusivement
autocentré et butant la contrainte de capacité. Un concepteur/réalisateur
isolé (et souvent bénévole) devant produire des résultats
immédiats privilégiera toujours le plus faisable, c’est à dire la
présentation institutionnelle du laboratoire au détriment de l’essentiel,
c’est-à-dire la production scientifique
.


C’est pourquoi, avant de revenir vers les questions techniques, il importe de passer par une
discussion sur le fond des problèmes de communication que le site veut contribuer à
résoudre.

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3.3 Besoins d’un site web scientifique.


Dans le domaine de la communication scientifique, il existe un niveau spécifique de
proximité entre les fournisseurs de contenus et les utilisateurs
qui est de l’ordre
de la parité et de la réciprocité (et qui se réfère à
l’évaluation par les pairs, indissociablement agonistique et coopérative au
travers d’un processus codifié et lui-même évolutif de
" réfutation "). Avec l’internet qui offre une extension de l’espace
public, ce niveau se conjugue avec des procédures de dénivellation
multiples
(du spécialiste au public élargi) qui ne doivent pas être
confondues avec des processus de dégradation de l’information, ou encore avec des
processus de diffusion unilatérale, à l’instar d’autres médias.


Ces dénivellations engagent la responsabilité des
concepteurs-fournisseurs-utilisateurs, c’est-à-dire des échangeurs de contenus
sur l’internet dans l’épreuve d’une équivocité de l’usage de l’information
scientifique aussi bien dans la recherche que dans la société globale. Cette
équivocité s’établit entre la production de nouvelles
références scientifiques et un usage métaphorique de ces mêmes
références, consistant à transférer des concepts d’un niveau
à l’autre et à transformer leur valeur sociale et leur portée informationnelles.
Cela revient à un processus permanent d’actualisation
 [9]
croisée où se
trouvent confrontés un principe de scientificité et un principe de publicit&eacute
 [10]
.


On peut y voir un (nouvel ?) idéal de la communication scientifique dans la relation de
l’information à la démocratie, qui décline des intérêts
scientifiques de plus en plus nombreux au coeur de controverses publiques, et inversement qui
introduit les intérêts sociétaux dans les controverses scientifiques. Outre
qu’il est devenu passablement notoire que les intérêts scientifiques ne
représentent pas qu’eux-mêmes, et justement pour ne pas dénier sous ce
prétexte qu’une certaine autonomie du développement scientifique le rend
stratégiquement incontournable, la question se résout partiellement par la
création de chartes et de comités d’éthique, qui concernent et orientent
à la fois l’activité scientifique et la communication dont elle doit faire
l’objet
. Qu’on le souhaite ou non, cet idéal, c’est-à-dire l’ouverture
paradoxale d’une communication réservée entre pairs aux processus
propagatifs de la dénivellation publique de l’information, vient au coeur de
l’expérience de création et de tenue des sites web scientifiques institutionnels.
Comme il s’agit d’une expérience collective et que la responsabilité y est
partagée à tous les niveaux de l’institution scientifique, cela nécessite
une pratique d’innovation cumulative et adaptative dans un tel contexte de communication, mais
aussi de pratiques échangeables de telle sorte que la popularité grandissante de
l’outil puisse inciter à son amélioration sélective : cela suppose en amont des
choix et des décisions de principe. Enfin, il ne peut être indifférent de
remarquer que l’actualisation d’un modèle adéquat de site web pour la
communication scientifique, en accompagnement de l’actualisation scientifique et publique des
contenus de la recherche, contribue aussi à définir le statut scientifique et
sociétal de l’activité de recherche, alors même qu’elle se trouve
contrainte par ailleurs à une certaine variabilité institutionnelle (par exemple,
entre " secteurs " privé et public).


Le but de notre travail actuel n’est pas d’en débattre, mais simplement d’attirer
l’attention sur l’urgence pratique, à la lueur d’expériences concrètes.
Devant la généralisation déjà irréversible des sites web
scientifiques, et le souci de voir reverser l’innovation dans un processus maîtrisable et
utile à la communauté, mieux vaut sans doute une utopie ou une éthique
réalisantes qu’une pseudo-norme pétrifiante. Le moment étant venu d’une
remise à niveau du site web du Cired, nous avons retenu l’option de
" SPIP " pour le logiciel de gestion de contenu (par ailleurs, retenue
officiellement par le gouvernement pour l’équipement des agences de l’administration
centrale), non pas parce que cette option serait irréversible, mais parce qu’elle est
contributive et mobilisatrice.


Notre objectif n’est donc pas d’élaborer un modèle
" passe-partout " de site, universel ou rigide, promouvant une perception
uniformisée des institutions de recherche ! Le véritable objectif est de
créer un outil générique, c’est-à-dire ouvert et adaptable,
livré à la réflexion particulière des créateurs-concepteurs
de sites qui ainsi ne (re-)partent pas de rien. La fonction d’un tel squelette
générique de site web est de libérer les laboratoires et
départements des contingences techniques solubles une fois pour toutes, tout en leur
permettant de prendre en compte la diversification et l’exigence d’une plus-value
communicationnelle dans l’activité de recherche
.


Ce qui nous intéresse, c’est justement de conforter cette logique forte de
communication, via le web et dans le domaine scientifique, en améliorant le taux de disponibilité [11]
pour la communauté d’un tel outil générique dès lors qu’il existe,
qu’il est utile, et qu’il développe en permanence ses fonctionnalités.

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4. Vers un projet normatif


Cette section présente quelques bonnes pratiques dont l’échantillon qui
précède démontre la non-trivialité. Au 4.1 (Page d’accueil) et 4.2
(Navigation), lorsqu’il est possible de les formuler de façon concise, et sans perdre
l’argumentation sous-jacente, ces pratiques sont présentées ici en liste sous la
forme de critères de recette
 [12]
, au présent de l’indicatif.


L’intérêt d’une telle présentation d’apparence normative est double. Sur le
plan théorique, il s’agit de susciter ou de faciliter la réflexion sur le bien
fondé de tout ce qui s’écarte de ces bonnes pratiques usuelles, sans inhiber des
divergences créatives conscientes destinées à l’enrichir. Sur le plan
pratique, disposer de critères de recette
 [13]
est nécessaire dans tout contrat de sous traitance informatique
car ce sont ces éléments qui permettent au client de décider d’accepter ou
non le site web réalisé par un prestataire externe.


Au 4.3 (Images, Multilinguisme, Rubriques rares) et surtout 4.4 (Fonctionnement dynamique), la
présentation prend un tour plus descriptif ou réflexif, manifestant implicitement
le besoin d’approfondir la démarche : on ne dispose pas encore du recul
nécessaire.

4.1 La " page d’accueil ".


La " page d’accueil " est théoriquement le point de départ de
la navigation interne dans le site en suivant un schéma arborescent. Elle est
l’accès principal du site par convention, c’est-à-dire officiellement retenu
comme tel. Toutefois les moteurs de recherche permettent de cibler directement les contenus,
voire des " homepages " qui sont parfois de véritables minisites,
éventuellement hébergés à l’extérieur du site qui les
pointe. La page d’accueil n’est donc pas l’accès le plus probable d’un site. Par
exemple, en Avril 2004 seulement 25 pour cent des visiteurs du site du Cired sont entrés
par la une.


La fonction d’accueil de la page d’accueil est en fait d’abord une fonction symbolique.
Elle offre une représentation globale du site : un visage et un message. Il est
donc de la plus haute importance de faciliter, et même d’attirer la navigation vers la
page d’accueil et de créer une motivation pour y retourner (et la faire retenir parmi
les signets). À cette fin, elle doit évidemment contenir un certain nombre
d’éléments significatifs, mais sa composition doit aussi la rendre
fonctionnellement incontournable.


Fonctionnalité générale

- Les informations essentielles figurent d’emblée sur la première page (pas de tunnel d’entrée).
- La symbolique et les éléments significatifs de la page d’accueil reflètent les priorités du laboratoire.
- Les liens privés ne s’affichent pas (à défaut, sont signalés comme tel).
- Pas de contenu " en construction " sur le site.

Les logos

  • Les logos sont visuellement séparés des autres graphismes.
  • Chaque logo ne renvoie qu’à une référence.
  • Le logo du site est immédiatement identifiable.
  • Le logo du site occupe la position hiérarchiquement et graphiquement la plus élevée de la mise en page (en général : en-tête).
  • Si l’en-tête contient une illustration, elle n’étouffe pas le logo.
  • Les logos sont cliquables vers l’institution qu’ils représentent.
  • Le logo du site est aussi présent sur les pages intérieures.
  • Le logo du site en pages intérieures est cliquable vers la Une.


On obtient alors l’équivalent d’une fonction ’reset’, et avec le point
précédent cela assure la navigabilité pour les visiteurs entrant
directement par l’intérieur du site.


La vie du site

  • La Une offre un accès rapide aux principaux points d’actualisation du site.
  • Le moteur de recherche interne au site apparait sur la page d’accueil.

Il peut sembler faire doublon avec un plan du site et une navigation bien
léchée, mais sa fonction d’hyperlien généralisé (de
" plongée " droit au but) procède à contrepied d’une
logique de navigation et affranchit l’utilisateur de la personnalité du site. Cette
complémentarité a l’avantage de répondre immédiatement à
l’intérêt de l’internaute averti et soucieux de la productivité de sa
propre recherche

 [14]
, surtout lorsque le site
dispose d’un contenu copieux ou complexe.

  • Le moteur de recherche interne au site apparait sur toutes les pages (sauf pages persos).
  • Le lien vers le plan du site apparait sur la Une.
  • Le lien vers le plan du site apparait sur toutes les pages (sauf pages persos).
  • Les pages persos pointent sur la Une (c’est leur seule obligation  [15] .


Éléments actualisables en corps de page


En dehors des logos et de la barre de navigation principale, qui sont des
représentations abstraites ou fonctionnelles du site, mais statiques, le corps de la
page doit figurer pleinement la vie et la personnalité du site, et non une simple partie
de son contenu permanent. Différents moyens permettent d’atteindre ce
résultat :

  • La Une peut contenir des " flashes ", " news " ... c’est-à-dire des éléments d’animation, fréquemment réactualisés ou renouvelés, et parfois même très volatils.
  • La Une peut contenir des hyperliens directs, périodiquement renouvelés, court-circuitant la navigation hiérarchisée en niveaux et pointant vers des contenus paradoxalement plus permanents (téléchargements, etc.).
  • Ces liens doivent pointer vers des contenus d’importance notable (conjoncturellement ou structurellement).
  • Ces liens directs doivent être clairement mis en évidence, donc peu nombreux  [16] .


C’est la combinaison de la permanence des contenus (équivalent d’une
" mémoire de long terme ") et de la réactualisation
régulière et suffisamment fréquente de ces éléments ou
d’autres (équivalent de la " mémoire de court terme ") qui
crée une " image-mouvement "
 [17]
du site plutôt qu’un " instantané "
figé et l’anime.

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4.2 Navigation.

Navigation de premier niveau

  • Le site est organisé pour l’internaute en rubriques de premier niveau, ou " secteurs ".
  • Une " barre de navigation principale " cliquable et accessible présente ces secteurs.
  • Il y a bijection entre la barre de navigation et l’ensemble des secteurs.
  • La barre de navigation principale est intégrée è la page d’accueil.
  • Elle figure même sur l’écran d’accueil sans avoir è dérouler la page.
  • Elle reste visuellement immobile quand on parcours le site.


Navigation générale

  • La Une peut comporter une barre de navigation contextuelle (relative au contenu spécifique de la page, pointant dans la page ou vers d’autres pages, mais indépendante de l’organisation hiérarchisée du site en secteurs, rubriques, etc).
  • Lorsque les pages d’un site, autres que la page d’accueil, comportent une barre de navigation contextuelle, leur mise en page doit être standardisée et nettement différenciée de celle de la barre de navigation principale, normalement déjà présente sur toutes les pages du site.
  • La Une peut comporter une ou plusieurs barres de navigation " orphelines ", selon les besoins, renvoyant à l’extérieur du site (sites tutélaires, sites de partenaires privilégiés, par exemples), ou bien renvoyant à des services indépendants de l’organisation hiérarchisée du contenu scientifique (plan d’accès aux bâtiments, contacts ou annuaires, administration du site ou " mentions légales ")  [18].
  • Ces barres de navigation " orphelines " n’apparaissent que sur la page d’accueil dans la mesure où elle ne concernent pas la navigation interne proprement dite, c’est-à-dire dans l’organisation hiérarchisée des contenus scientifiques.
  • La Une ne doit pas comporter de barre de navigation de second niveau, puisque par définition aucune rubrique n’est sélectionnée à l’ouverture (la navigation commençant par hypothèse à la racine), à l’exception de la rubrique " accueil " (éventuellement présente dans la barre de navigation principale).


Cela pose le problème de l’ouverture de pages intermédiaires
" entrées de rubrique " qui ralentissent la navigation. Pour
éviter ces ouvertures de pages intermédiaire, des menus déroulants peuvent
être créés dans la barre de navigation principale pour les rubriques qui le
nécessitent.


Les menus déroulants de la barre de navigation principale permettent une première
exploration du site sans quitter la page d’accueil. Ils ont une fonction pédagogique, en
offrant dès la page d’accueil, une excellente lisibilité et disponibilité
de la navigation dans le site, et en incitant l’internaute à quelques clics d’essai et
au repérage des éléments du site les plus adoptables de son point de vue
particulier. Dans certains cas, cela permet même de se passer d’une page " plan
de site ".


Titres des rubriques

  • Les intitulés de rubriques orientent la navigation avec précision.


Les rubriques de premier niveau correspondent aux titres des secteurs du site web, tels
qu’ils apparaissent dans la barre de navigation principale de la page d’accueil
.

  • Les intitulés de rubriques représentent l’activité effective du site web ou de l’institution qui l’anime.


Même si il ne s’agit pas de critères catégoriels strictement
prédéfinis, les utilisateurs arrivent sur le site avec un profil typologique moyen en tête. Ce profil des rubriques ressort par exemple de notre échantillonnage
des sites de labos.

  • Le profil typologique des rubriques de la barre de navigation principale doit être pour l’essentiel dans le canon de la catégorie dont relève le site web.
  • Les rubriques les plus fréquentes sont " standards " dans cette catégorie.
  • Les rubriques les plus rares sont " atypiques ", donc spécifiques des sites.
  • Les rubriques peu fréquentes caractérisent des sous-catégories, ou des catégories intermédiaires ou mixtes de sites  [19].
  • Les rubriques peu fréquentes peuvent signaler des rubriques " déplacées ", c’est-à-dire remontées d’un niveau ou plus dans l’architecture d’un site.


Concernant le dernier point, la question de la fréquence des intitulés fait
ressortir aussi l’importance des critères de pertinence des intitulés,
aussi bien du point de vue de l’architecture logique des sites et de l’ergonomie de la
navigation, que du point de vue de la communication. Dans la mesure où les sites webs
sont aussi des objets reflétant pratiquement une activité réelle,
plus ou moins spécialisée, il s’ensuit que la détermination des
intitulés des rubriques doit autant à la pondération relative des
activités
correspondantes et à la valorisation différentielle
qu’on en attend, qu’à des principes formels ou d’organisation logique.


Par exemple, les rubriques "Publications" ou les activités
" doctorales " peuvent apparaître directement dans la barre
principale de navigation, sur le même plan apparent que les rubriques
" équipe ", ou " thèmes de recherche ",
de premier niveau dans tous les cas. Ce phénomène qui consiste à placer
des stocks en vitrine, ou à faire remonter certains éléments vers la page
d’accueil doit être rendu explicite pour pouvoir être maîtrisé.


La page d’accueil est le lieu privilégié d’actualisation du site web : la
barre de navigation principale, par son contenu en rubriques, y représente
déjà aussi, à sa façon, la signature du site web, son
achalandage spécifique
. Or, en matière d’achalandage, c’est le pragmatisme
qui a raison ; c’est donc son expression qui doit être conceptualisée
 [20].

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4.3 Exceptions culturelles.

Illustrations

  • Pas de fond de page lourd en Ko.
  • L’illustration en page d’accueil n’évince pas les contenus essentiels.
  • L’illustration n’ajoute pas une étape de navigation.
  • Son intérêt doit être explicite.


Ce peut être une image fortement symbolique, illustration du lieu géographique
ou des intérêts fondateurs de l’organisme propriétaire du site web (
photographie ou graphisme)
.

  • Les vignettes sont cliquables pour agrandissement.
  • Une légende est associée à l’image.
  • Les droits intellectuels sont mentionnés.

Multilinguisme


On aborde ici un aspect spécialement problématique de la publication sur le web,
mais dont les tenants et aboutissants exorbitent totalement des questions de pure conception
d’un site. Il n’est donc pas pensable d’être " normatif " au sens de
notre démarche sur ce type de question exogène.


La nécessité du bilinguisme français-anglais est reconnue dans la
conception de presque tous les sites. Mais la réalisation ne suit pas, ce qui
débouche sur deux aspects du même problème : les sites partiellement
traduits en anglais sont frustrants pour les anglophones qui peuvent dès lors s’en
désintéresser, tandis que les sites de création francophone mais
partiellement en français (comportant par exemple des publications internationales non
traduites d’auteurs francophones) sont frustrantes pour les francophones non bilingues, et
posent un problème spécifique au regard de la
" francophonie " en tant qu’aire politico-culturelle.


Il serait plus judicieux, et sans doute plus " éthique ", d’indiquer
sur la page d’accueil que seule la présentation du site et de ses services de base sont
bilingues, que certains textes, articles ou documents téléchargeables peuvent
n’exister qu’en version originale ... Ces détails n’en sont pas car ils laissent
fréquemment une sensation d’inachèvement, comme le dévoile la mention
" in progress " rencontrée sur la page que l’on attendait en anglais.


L’analyse des statistiques du site CIRED montre une forte popularité des articles en
portugais. Parmi les 20 phrases les plus recherchées sur Google qui ont mené vers
notre site en Mai dernier, 14 étaient en Portugais. Ce résultat qui s’explique
compte tenu de l’histoire scientifique du laboratoire montre bien que se limiter à la
prééminence de l’anglais risque de relever du présupposé.


Cette prééminence pose aussi un problème de fond, particulièrement
dans une construction européenne aux multiples " premières "
et " secondes " langues, et où il n’est même pas certain que
l’anglais domine, sauf à faire de cette question linguistique un tabou. Il importe
également de tenir compte du cadre réglementaire :

  • Loi du 4 aout 1994, Art. 7. Les publications, revues et communications diffusées en France et qui émanent d’une personne morale de droit public, d’une personne privée exerçant une mission de service public ou d’une personne privée bénéficiant d’une subvention publique doivent, lorsqu’elles sont rédigées en langue étrangère, comporter au moins un résumé en français.
  • Art. 3. Toute inscription ou annonce apposée ou faite sur la voie publique, dans un lieu ouvert au public ou dans un moyen de transport en commun et destinée à l’information du public doit être formulée en langue française....
  • Art. 4. Lorsque des inscriptions ou annonces visées à l’article précédent, apposées ou faites par des personnes morales de droit public ou des personnes privées exerçant une mission de service public font l’objet de traductions, celles-ci sont au moins au nombre de deux. Dans tous les cas où les mentions, annonces et inscriptions prévues aux articles 2 et 3 de la présente loi sont complétées d’une ou plusieurs traductions, la présentation en français doit être aussi lisible, audible ou intelligible que la présentation en langues étrangères.


En conclusion, nous proposons les critères suivants :

  • Utilisation d’un système de gestion du contenu doté de fonctions multilingues  [21].
  • Mais aucune page ne comporte de promesse (même implicite) de multilinguisme non tenue.
  • Un résumé en français des articles est disponible.
  • Le multilinguisme concerne au moins 2 autres langues que le français.

Accessibilité

  • Pas de " site optimisé pour " telle résolution ou tel navigateur
  • XHTML 4.01 transitional valide

Rubriques peu fréquentes : aberrations ou rubriques émergentes ?

Nous abordons ici l’écueil d’une frange de normativité évanescente,
caractéristique peut-être du niveau moyen actuelle de maîtrise la
médiatisation par le web.


Les rubriques "peu fréquentes" sont souvent observées vers la fin des
barres de navigation, parfois même rassemblées dans une
seule section fourre-tout avec ou sans menu déroulant, du fait de leur apparente
inclassabilité plutôt que d’une atypicité leur conférant le statut de
rubrique " rare ".


Cette faible fréquence semble davantage due à un manque de réflexion
concernant leur intérêt réel, même secondaire, plutôt qu’à un
intérêt exceptionnel ou spécifique, si l’on considère seulement la
banalité des intitulés : " chartes " du site web
(scientifique, éthique...), " comités " divers ayant
un rapport avec la politique scientifique du laboratoire ou avec la politique éditoriale
du site web, un annuaire des " anciens " membres de
l’équipe, thésards, visiteurs..., et aussi des rubriques se rapportant aux
ressources du laboratoire telles que les moyens informatiques, ou l’existence de
ressources documentaires spécialisées, ou même encore la
présence de ressources d’administration, liste non exhaustive s’agissant de
rubriques en apparence non standards.


Alors que les rubriques les plus fréquemment rencontrées semblent en voie de
stabilisation à la fois dans leurs intitulés et leur séquence dans les
barres de navigation, à l’issue d’une quasi sélection naturelle, a contrario la
faible fréquence des autres semble affaiblir leur potentiel d’adoption, n’engendrant pas
en retour une pression de normalisation contingente.


Cette difficulté est situable à au moins deux niveaux : un niveau interne au
laboratoire créant un site web, et à un niveau institutionnel externe,
c’est-à-dire en provenance des tutelles ou organisations hébergeant les sites web
des laboratoires. Une réflexion appropriée permettrait sans doute un cadrage plus
rigoureux et une sensibilisation plus générale à l’intérêt de
certaines des rubriques " peu fréquentes ", nonobstant la
diversité des situations concernées.


On trouve ainsi, à titre d’illustration d’une possible évolution normative, des
rubriques en situation intermédiaire, placées sur la médiane de notre
graphique illustrant la prééminence des rubriques dans les sites de
laboratoire " (Illustration 1). Par exemples : des aides à la navigation
telles que " plan du site " ou " chercher ",
des " annuaires " de liens internes ou externes, ou la mention des
" partenaires ".


Il est assez probable dans leur cas que l’on n’a pas à faire face à l’arbitraire
de contenus isolés, donc " rares ", mais à stabiliser ces
contenus, rationnellement au regard du contenu global ou général de classes de
sites, par exemple celle des sites web de laboratoires de recherche affiliés au CNRS.
Or, on ne peut s’attendre à ce que des équipes soient dans leur majorité
des spécialistes de la communication ou de la conception de sites webs, par exemple pour
déceler à leurs niveaux particuliers ce qui comporte en réalité un
caractère générique.


Il nous semble en particulier que favoriser l’apparition de plus de rigueur dans cette hétérogénéité des réalisations serait du ressort légitime d’un organisme de tutelle, tel que le CNRS. Dans la mesure où
les sites webs des laboratoires se généralisent et gagnent en importance, tout en affichant une relative confusion dans la mise en oeuvre d’une conception créative mais incertaine, les rubriques " peu fréquentes " sont sans doute à considérer davantage comme des rubriques émergentes, plutôt qu’anomaliques ou spécifiques.

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4.4 Fonctionnement dynamique.


Rubrique Actualités


Les fonctions de la rubrique " actualité(s) " peuvent
être :

  1. Fonction d’annonce ; bien évidemment elle permet une gestion pratique des agendas, en séparant l’à venir de l’advenu : prochains séminaires, manifestations prévues... On est dans la gestion ordinaire du temps.
  2. Fonction d’animation de tout le contenu du site dont elle réalise une sélection temporaire, en se référant à une distribution sélective d’intérêts conjonturels (événements en cours...) : inscription de l’activité présente et passée du site dans un environnement actuel (cf. note n°9).
  3. Fonction de mise en exergue : l’écrétage strictement temporel du contenu, par ordre d’arrivée, ne retient qu’un critère chronologique comme pertinent dans la prise de contact de l’internaute avec le contenu d’un site. Il est sans doute judicieux d’y voir l’occasion d’emmener l’internaute vers une autre rubrique, ou vers les pages perso, etc. En somme, il s’agit là d’une fonction de " réactualisation " des intérêts de l’internaute, c’est-à-dire d’une prise de responsabilité dans son acclimatation au contenu du site.
  4. Fonction de réduction des pressions pour obtenir un lien permanent sur la page de Une. Les membres de l’organisation, tendent à vouloir maximiser l’exposition de leurs projets en faisant remonter leurs liens vers la page de Une. Pour la bonne gestion de cet espace commun, il est nécessaire que tous puissent en bénéficier, sans toutefois détruire la logique de navigation.
  5. Fonction de crédibilisation : le couple ‹ page d’accueil/ rubrique "actualités&quot › joue un rôle crucial dans la perception par l’internaute de la qualité globale d’un site avec le double enjeu d’une bonne navigabilité et d’une pertinence du contenu. Il s’agit en fait d’un double couplage ‹ page d’accueil/barre de navigation (tableau des rubriques › et ‹ actualité(s)/archive globale › :
    • la page d’accueil affirme, à partir de la barre de navigation principale que le contenu est accessible, " navigable ", donc disponible.
    • la rubrique " actualités " affirme que le contenu est actualisé/able, donc pris en charge scientifiquement, donc crédible.


Politique d’actualisation


En général, les sites mettent en scène un jeu de la " page
d’accueil ", comme si elle était réellement la Une, à la fois
l’entrée principale et la plus animée pour les internautes, et le passage
obligé de toute l’activité du site ! Aussi doit-on y présenter rapidement
les dernières évolutions, et le visage le plus frais.


Il apparait ainsi judicieux de placer des " actualités " à la
Une, ainsi que des liens pointant vers les pages récemment ou fréquemment
actualisées. Les actualités ne correspondent donc pas nécessairement
à un véritable secteur du site web, au contenu distinct des autres, mais plutôt
à un type d’intérêt à l’intersection de plusieurs rubriques, et
l’enjeu d’animation-démonstration qu’elles supportent conduit à les présenter en exergue,
notamment dans la barre de navigation principale : une pseudo rubrique ouvre alors une
page de liens d’actualisation vers d’autres pages récemment mises à jour,
à moins d’y disposer d’un menu déroulant qui conduise directement à ces pages
 [22]. On peut en déduire les principes
suivants :

  • La rubrique " actualités " désigne ainsi un mode d’achoppement particulier pour l’actualisation des contenus d’un site - le présent, la co-présence sur le site, la co-représentation sur le site - et les mobiles associés (événements, dates critiques...).
  • Ce mode d’achoppement est mis en oeuvre sur la page d’accueil, dont c’est la fonction générale.


C’est là que tout ce qui est récent ou nouveau vient croiser au présent,
dans la présence et dans la représentation, ce qui a déjà cours
autrement, dans la durée, et dont tout le site témoigne par ailleurs dans
l’organisation de son contenu. Cette double actualisation, ce double achoppement, met en oeuvre
deux notions distinctes : la première notion est celle d’une alimentation du site, à partir de contenus nouveaux, récemment datés et
avec des critères de représentation, tandis que la seconde notion d’actualisation
est celle d’une digestion, à partir de ressources préexistantes, avec des critères d’archivage et une logique d’accumulation et de mises à jour. Donc :

  • L’" actualité " ne se rapporte pas essentiellement au " (dé)passé " ou à l’obsolète qu’elle élimine, mais au " permanent ", ou au " toujours actuel " sur lequel elle fait fond.


Dans l’actualité d’un site, on doit distinguer et rapprocher :

  • les " suppléments instantanés " issus d’une actualisation exogène qui abonde un site en créant un phénomène d’arrêt, de " coupe immobile " datée du jour dans le mouvement (le flux) des transformations du site  [23] ;
  • les " rappels " de contenus préexistants issus d’une actualisation endogène qui signifie la pertinence et la crédibilité d’un site, en créant une image de référence de ce qui est en cours dans la durée et pas seulement l’instant, une " coupe mobile "  [24] dans une durée, ou une mémoire ou une archive non statiques, constamment revisitées et réinterprétées dans une permanence sans fin  [25].


On doit noter que :

  • Les " suppléments instantanés " sont indexés sur le temps chronologique.
  • Les " rappels"  [26] sont indexés sur la contemporanéité des contenus (leur pertinence mutuelle, au présent).
  • Suppléments et rappels constituent deux aspects complémentaires de " l’actualité " d’un site, à tous les sens du terme.


En général, seuls les " suppléments instantanés semblent
être considérés comme " actualité " pour les
sites webs, et la suite du processus ne semble pas maîtrisée. Tout le
problème est donc de réfléchir et d’expérimenter de tels
concepts
. Techniquement, l’archive est un " stock d’information " qui
simule la mémoire du laboratoire, tandis que son actualisation représente
l’activité courante. Mais c’est bien insuffisant pour mettre en oeuvre et évaluer
l’enjeu d’un site web pour la recherche scientifique, c’est-à-dire sa valeur
référentielle.


En termes de communication fonctionnelle, l’actualisation apparait nettement au coeur de la
médiatisation des aspects ou enjeux de la recherche scientifiques via l’internet, tandis que les équipes
promotrices de sites web ne peuvent pas avoir une conscience claire des buts à
poursuivre, ou bien ne disposent pas des outils appropriés pour les mettre en
oeuvre : que veut-on et que peut-on médiatiser ? Notre démarche, se
voulant prosaïquement normative, achoppe aussi à ce point. S’agissant d’un support
tel que l’internet, il faut expérimenter dans le particulier. Les débuts de
réponses générales élaborées ici pourront servir de point
d’appui à la réflexion concrète.

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5. La réalisation


Cette section expose l’ambition et les moyens de notre projet, l’architecture technique retenue
pour organiser notre site de laboratoire, ainsi que les mesures techniques
supplémentaires prises pour assurer la qualité et la
réutilisabilité du code produit.

5.1 Le contexte.

Le CIRED est le Centre International de Recherche en Économie de l’Environnement et du
Développement. C’est une unité mixte du CNRS (département Sciences
Humaines et Sociales), de l’EHESS, ENPC et ENGREF. Une quarantaine de personnes y travaillent
sous la direction de Jean-Charles Hourcade. Il est physiquement hébergé dans le
Campus du Jardin Tropical du bois de Vincennes, en région parisienne.


Sa situation implique une large autonomie dans la gestion de ses ressources informatiques. La
bonne marche de la poignée de serveurs (DNS, web, mail, partage de fichiers) et du
réseau local est assurée par un administrateur réseau-système
présent sur site deux demi-journées par semaine. Une autre personne,
également à temps partiel, est chargée de la petite maintenance logicielle
et matérielle. Les chercheurs et ingénieurs sont impliqués dans le support
technique des pairs et dans la maintenance d’un serveur qu’ils utilisent pour le calcul et le
développement collaboratif de logiciels (système de contrôle de version).


Le premier site internet du laboratoire a été un site pilote
réalisé pour le CIRED par M. Lecas à l’École des Hautes
Études en Sciences Sociales. La seconde version a été conçue et
réalisé par Minh Ha-Duong et Nicolas Buclet en 1998. Il s’agissait d’un site
statique, dont le contenu reprenait pour l’essentiel le rapport d’activité du
laboratoire. Au fil du temps et en particulier après le départ de l’équipe
de développement, l’évolution du site s’est faite au coup par coup. Cela a
conduit à la multiplication des liens sur la page d’entrée, avec une navigation
désorganisée.


A l’occasion de la nécessaire refonte de ce site, nous avons constaté l’absence
d’outil logiciel adapté aux besoins spécifiques d’un laboratoire de recherche.
C’est pourquoi nous avons décidé de prendre l’initiative de développer une
solution telle que nous aurions aimé en trouver.


Après examen des possibilités techniques, nous proposons en logiciel libre ce
squelette pour le logiciel SPIP, apte à faire gagner du temps à tout autre
laboratoire qui serait dans une situation comparable.


Le choix de SPIP a procédé d’un examen exhaustif des solutions de gestion de
contenu disponibles fin 2003. Les logiciels commerciaux n’ont pas été
examinés en raison des indisponibilités budgétaires. Toutes les solutions
dont la mise en oeuvre excédait une semaine-homme ont été
écartées, en particulier les systèmes d’entreprise basés sur JAVA,
mais également d’autres progiciels comme ZOPE qui permettent beaucoup de choses, mais
nécessitent une personnalisation trop lourde par rapport à nos besoins.


Parmi les alternatives restantes comme MamboServer, BolinOS et SPIP, nous avons retenu ce
dernier car il est bien documenté en Français, particulièrement simple
à utiliser et avec une communauté active. C’est la solution de complexité
minimale qui répond néanmoins à nos besoins.


Un cahier des charges pour la refonte du site web a été rédigé et
est consultable en ligne sur le site du CIRED. Il décrit la vision d’un système
complet, qui permet aux chercheurs la publication scientifique directe et donne ainsi
accès aux publications produites par le laboratoire en texte. La motivation pour les
chercheurs de mettre à jour leur contenu est double : outre l’opportunité
d’une présence de qualité sur le web (non seulement technique, mais aussi en
visibilité Google plus élevée), le système devrait faciliter le
remplissage des comptes rendus d’activité aux tutelles.


Nous avons mis en place une infrastructure de développement classique. Le serveur web en
production est doublé d’un serveur web de développement, accessible seulement en
interne. Chacun a sa propre base de données, c’est seulement le squelette du site de
développement qui est répliqué manuellement vers le site en ligne. Le code
du squelette lui-même est archivé dans le système de contrôle de version
(SVN) sur un troisième système. Enfin une infrastructure à clé
publique permet de travailler de façon transparente à partir de n’importe quelle
station.


Compte tenu de l’ambition du projet devant les moyens disponibles, nous avons commencé
par réaliser avec nos propres forces la partie du projet la plus facile et la plus
urgente, c’est à dire la vitrine extérieure et l’outil de communication interne.

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5.2 L’architecture générale du site.


Le squelette réalisé est une adaptation légère du squelette
standard de SPIP, l’ajout essentiel étant la fonction de personnalisation du rendu :
seuls les utilisateurs authentifiés voient les contenus marqués du mot-clé
Diffusion Restreinte. D’autres améliorations ont été
réalisées pour alléger la présentation, comme regrouper toutes les
brèves sans distinction de rubrique.

Page d'acceuil du CIRED, octobre 2004
Page d’acceuil du CIRED, octobre 2004
La maquette graphique est inspirée du style CNRS-SHS.

La page d’accueil du site, illustrée ci-avant, est conçue pour disposer
à l’écran ses constituants essentiels dès son ouverture sur deux colonnes.


La colonne de gauche offre respectivement les fonctions :

  • D’identification du site (logo et adresse) et du visiteur (s’il est authentifié, sinon c’est un lien vers la page de login).
  • Le moteur de recherche interne en texte intégral
  • La barre de navigation principale discutée plus bas
  • Les dépèches brèves, qui résument des informations ponctuelles (annonces de colloques, publications notables...) et pointent en général vers d’autres sites

Le corps de page, à droite, annonce les derniers ajouts au site. Les deux derniers
articles sont repris avec leur résumé, pour les huit suivants on mentionne
seulement le titre, auteur, date.


La page d’accueil remplit ainsi 2 fonctions essentielles, chacune ayant sa logique
propre :

  • Mise en place d’une structure de navigation complète, basée sur les principes précédemment énoncés (dans la mesure du possible)
  • Actualisation permanente, basée sur une logique d’animation de la totalité du contenu à partir d’éléments sélectionnés (ici selon un critère chronologique), et avec le parti d’impliquer tous les auteurs dans la tenue du site.


La navigation proprement dite est structurée en rubriques et en sous rubriques. La barre
de navigation principale correspondant au premier niveau de ce tableau affiche des
intitulés standards pour cette catégorie de sites :

  • Présentation du laboratoire  : C’est la première rubrique, elle donne accès à un bref historique, aux informations administratives et à la liste des membres.
  • Publications  : A terme, nous envisageons de créer dans ce secteur une page web pour chaque production scientifique du laboratoire, et de subdiviser ce secteur par type de production scientifique (articles dans des revues à comité de lecture, présentation à des congrès, ouvrages...) comme défini pour le rapport d’activité du CNRS. Pour l’instant cette rubrique ne contient que les listes de publications, ainsi qu’un lien vers la page du CCSD où nous avons archivés certains textes intégraux.
  • Thèmes de recherche  : Ce secteur permet de montrer la subdivision du laboratoire en équipes de recherche, et de présenter plus substantivement les problèmes étudiés. Les pages personnelles ne sont pas sous cette rubrique car la division des membres du laboratoire en équipes de recherche n’est ni une partition stricte, ni stable dans le temps.
  • Contrats et expertises  : Chaque contrat de recherche en cours ou passé peut faire l’objet d’un article ou d’une rubrique entière. Ce secteur permet de faire apparaître nos références et permet aux partenaires de suivre l’évolution des travaux.
  • Enseignement  : Les pages relatives aux cours dispensés par et au CIRED. A terme une partie de cette rubrique devrait être virtuelle, c’est à dire générée automatiquement à partir des pages de cours situées en fait dans les rubriques " pages personnelles " des chercheurs-enseignants.
  • Actualités, carrières  : des informations à durée de vie limitée.
  • Partenaires  : C’est l’annuaire de liens.
  • Intranet  : Divisé en ressources informatiques, documentaires et administratives.


Nous avons veillé à ce que les intitulés aient un haut niveau de
pertinence, c’est-à-dire qu’ils aient une signification non ambiguë et qu’ils se
distinguent sans équivoque les uns des autres (sans recouvrement des domaines). Nous
avons évité de créer des barres de services ou autre barres de navigation
orphelines, graphiquement encombrantes et risquant de rendre l’approche de la navigation
confuse : l’aisance et la rapidité d’apprentissage de la navigation nous ont paru
d’intérêt d’autant plus essentiel que le contenu du site est appelé
à s’enrichir rapidement.


Nous avons adopté le point de vue d’une barre de navigation principale persistante sur
toutes les pages du site, à laquelle vient s’opposer sur les autres pages ouvertes une
barre de navigation contextuelle n’affichant strictement que le contenu de la rubrique
accédée
.


Partout nous avons tenté de suivre les critères élaborés à
la section normative précédente. En particulier, sur chaque page ouverte figure
un logo " CIRED ", cliquable et pointant vers la page d’accueil.


Comme expliqué plus haut, cette page constitue une véritable ouverture du
contenu du site à l’internaute, auquel on offre une entrée directe et une
première acclimatation. En effet les titres cliquables des documents s’affichant en
ligne ouvrent en fait des rubriques, dont le contenu s’affiche dans une barre de navigation
contextuelle. On fait ainsi passer l’internaute d’un contenu à un contenant, et
approcher ainsi un contenu plus riche qui correspond à la " mémoire
longue
 " du site.


Par opposition, la boîte rose des " brèves ", dans la colonne
de gauche de la page d’accueil, correspond à des articles d’origine interne ou externe
et d’intérêts plus conjoncturels, correspondant ainsi à une
mémoire courte " dans un contexte immédiat.


Bien que la mise en forme actuelle appelle encore quelques améliorations, l’utilisation
d’une ligne de " miettes " en haut de page (sauf sur la page d’accueil)
permet à l’internaute de se situer rapidement et avec précision dans la
navigation, soit en comparant spontanément avec la barre de navigation principale
persistante (où le titre de la section ouverte s’affiche en plus grands
caractères tant qu’on navigue au premier niveau), soit en se reportant à la
section " Plan du site ", présente dans cette même barre de
navigation, au cas où la navigation en cours s’effectue à un niveau profond.

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5.3 Spécifications techniques additionnelles.


Afin de tendre vers un produit réutilisable, notre objectif est que le squelette
décrit ci-dessus présente également les caractères suivants :

  • Libre : Dérivant des squelettes standard SPIP, notre code est distribué sous la licence GNU General Public licence. Afin de ne pas avoir de conflit de nom avec la liste spip-lab, nous avons attribué au Squelette Web CIRED le nom d’un héros imaginaire chinois très populaire : Sun Wu Kong. Cela nous permet de marquer plaisamment l’année de création de ce squelette et l’ouverture qu’il revendique  [27].
  • Personalisation du contenu : Articles et rubriques ont trois niveaux de diffusion : public, restreint, invisible. Le niveau restreint est visible pour les utilisateurs authentifiés, c’est à dire les membres du laboratoire.
  • Le code du squelette est relocalisable : sa bonne exécution ne dépend pas du nom du sous-répertoire dans lequel il réside. Le chemin d’accès au squelette (relatif au répertoire d’installation de SPIP) est à configurer dans ecrire/mes_options.php3
  • Le squelette est thémable : le contenu est séparé de la mise en forme, commandée par des feuilles de style.
  • Le squelette ne touche pas au code SPIP.
  • Le site est praticulièrement accessible en mode texte, avec lynx et links.
  • SPIP est internationalisé, c’est à dire qu’une gestion du multilinguisme fine est possible : ce système gère les traductions d’articles, les fichiers de langue pour les éléments textuels, la navigation dans la langue préférée du navigateur. Les entités HTML sont utilisées pour les caractères accentués.


Nous avons également pour ambition de produire un code documenté, correct (tests
de recette), des pages concises (rapport texte/balisage supérieur à 50%) et
valides en XHTML 4.01 transitional. Même si nous utilisons l’environnement GNU classique,
SPIP et ce squelette sont pleinement utilisable en environnement Win32.

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6. Conclusions


La transition vers notre nouveau site web basé sur SPIP s’est faite dans la
continuité du contenu existant. Beaucoup de pages sont en fait simplement des pointeurs
vers l’ancien site web (statique). La fonction première du site actuellement
réalisé est la communication institutionnelle du laboratoire. D’autres fonctions
aussi utilisées mériteraient d’être développées
davantage :

  • Le site permet la publication scientifique directe. Plusieurs dizaines de manuscrits (revus par les pairs à des degrés très divers) sont d’ores et déjà en ligne quoique dispersées dans le site. La question de la remontée vers les systèmes disciplinaires (ECONLIB) et interdisciplinaires (OAI, HAL) se posera après leur réorganisation.
  • Le site offre une facilité de création de pages personnelles : chacun dispose d’une sous rubrique à lui. La pratique montre que les chercheurs s’approprient rapidement cet outil. Nous souhaitons la possibilité d’une personalisation plus poussée des styles et des contenus. Le formatage des rubriques et des articles se fera par mot-clé, comme sur le site Bloog.net.
  • Les deux fonctionnalités précédentes doivent permettre de préremplir les rapports d’activité et les fiches résumés remontées périodiquement vers les tutelles
  • Le squelette contiendra une page d’administration en PHP et des scripts pour faciliter l’installation et la mise à jour. L’installation initiale du contenu et des rubriques de la base se fera simplement par import d’un site vierge avec le système SIEPS.

A long terme notre projet s’insére dans une vision élargie des services web de la
recherche. En effet le site est au coeur du système d’information du laboratoire au sens
large. Il permet un accès pratique aux ressources documentaires (JSTOR), informatiques
(explications de l’offre et des procédures techniques, lien vers le webmail et
e-groupware).


Mais tout n’est pas encore intégré en réseau, en particulier les carnets
d’adresses, les références bibliographiques, le catalogue de la
bibliothèque, le système de contrôle de version. En particulier nous sommes en
train d’intégrer SPIP à notre infrastructure d’authentification unique (LDAP) qui
gère de façon unifiée les informations personnelles (privilèges
d’accès mais aussi téléphones, addresses, qualifications) des utilisateurs
du réseau, c’est à dire des membres du laboratoire.


En conclusion, cette étude démontre l’opportunité et la possibilité
de réaliserunsquelettedesite web réutilisable.


L’analyse de l’existant permet d’amorcer une problématique de la conception de sites web
scientifiques, et de son partage au sein d’une même communauté d’un point de vue
pratique et ergonomique. Du côté de l’offre, cette problématisation peut
commencer à faire débat, donc progressivement "école",et du
côté de la demande à devenir "naturelle" (les habitudes prises lors de
la fréquentation de sites harmonisés renforçant l’attente et l’adoption de
leurs caractéristiques).


Il s’agit donc bien d’un processus d’harmonisation, mais de fait consentie et contrôlée
démocratiquement par les choix des laboratoires. Une proposition de normalisation
étant d’autant plus forte qu’elle résoud les problèmes immédiats,
et peut évoluer avecrationalitéetflexibilité, il semble évident
de l’enregistrer 1) sous la forme d’un squelette générique stabilisateur pour un
gestionnaire de site dynamique comme SPIP 2) sur le mode du logiciel libre qui garantit
l’appropriation et l’évolutivité de ce squelette par la communauté
d’utilisateurs.


Le projet d’envergure, à portée générale que nous proposons
départicularise notre réalisation spécifique qu’on peut alors
présenter comme expérimental dans ce contexte, celui d’une réflexion plus
large, approfondie que notre projet permet d’initier, d’ébaucher, de concrétiser
déjà.

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Remerciements

Nous remercions Naceur Chaabane et Hoby de l’équipe projet CIRED, ainsi que Khalil Hélioui, Catherine Boemare, Patrice Dumas pour leurs commentaires.

Références

- Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD) du CNRS.
- Déclaration de Berlin sur le Libre Accès à la Connaissance en Sciences exactes, Sciences de la vie, Sciences humaines et sociales (22 octobre 2003), signée par le CNRS.

Annexes

Les annexes suivantes sont disponibles comme suppléments électroniques.

Tableau d’analyse des rubriques par site : observations par rubriques
Tableau d’analyse de l’organisation de la navigation des sites : profondeur et accès des rubriques
Tableau d’analyse des métriques des sites : popularité, validation, taille, en-têtes
 


[1Il s’agit de sites de laboratoires CNRS de recherche en économie, de quelques partenaires du CIRED et de labos identifiés en janvier 2004 comme utilisant le gestionnaire de contenu SPIP :
- ENSICA-DMI Département Math-Info de l’ENSICA
- MIT Joint Program on the Science & Policy of Global Change
- LEPII_ Institut d’Économie et de Politique de l’Énergie
- LMD_ Laboratoire de Météorologie Dynamique (CNRS)
- DELTA_ Département et Laboratoire d’Économie Théorique et Appliquée_(ENS)
- CECO Laboratoire d’Économetrie de L’École Polytechnique
- GREQAM_GroupementdeRechercheenÉconomie Quantitative d’Aix-Marseille
- GREMAQ_ Groupe de Recherche en Économie Mathématique et Quantitative (U. Toulouse I)
- BETA_ Bureau d’Économie Théorique et Appliquée (U. Strasbourg)
- CEREMADE_ Centre de Recherche en Mathématiques de la Décision_ (U. Paris-Dauphine)
- 
LAMSADE_ Lab. Analyse et Modélisation de Systèmes pr l’Aide à la décision_(U. Paris-Dauphine)

- <a href=
http://xnet2.u-paris10.fr/servlet/page?_pageid=313&_dad=portal30&_schema=PORTAL30&_mode=3&_type
=site&_fsiteid=1433&_fid=1&_fnavbarid=1&_fnavbarsiteid=1433&_fedit=0&_fmode=2&_fdisplaymode=1&_
fcalledfrom=1&_fdisplayurl=> MODEM_ MOdélisation de la Dynamique Économique et Monétaire_ (U. Paris X - Nanterre)
- THEMA_THéorie Écon., Modélisation et Applications (U. Cergy-Pontoise et Paris X-Nanterre)
- LET_ Laboratoire d’Économie des Transports
- AFMB UMR 6098_ Biologie macromoléculaire
- UMR6185 Neurodégénérescence modèles et stratégies thérapeutiques

[2Au-delà de la démarche actuelle encore limitée dans ses moyens, une meilleure
compréhension des besoins exigerait peut-être de compléter ce type d’analyse par des enquêtes à
base d’entretiens avec les concepteurs ou les gestionnaires, qui ont nécessairement leur
propre éclairage à apporter : conditions concrètes de la création des sites, retours
d’expérience, projets et attentes. Mais une grande force du logiciel libre est justement de
partir des besoins concrets d’un noyau initial (ici un laboratoire de recherche) et d’être
piloté par l’interaction en direct des utilisateurs et des développeurs souvent confondus.
,

[3Des petits programmes capables de parcourir la toile pour rapporter les résultats intéressants.

[4Selon Le Littré, la praticabilité est l’état ou la
qualité d’une chose praticable, c’est-à-dire dont on peut se servir ou qu’on peut
faire, ou bien qui n’est pas seulement figurée et dont on peut se servir
réellement
, ou bien encore, s’agissant d’une personne, avec laquelle un quelconque
commerce est possible
.

[5On peut en effet supposer que certains sites ne peuvent comporter une arborescence standard
complète, et qu’il leur faut bien pourtant créer des liens vers les rubriques
existantes ou la page d’accueil, comme par exemple un site de pages perso.

[6Nous nous contentons ici d’évoquer une démarche qui se réfère
à des problématiques de gestion de la recherche, et qui tend vers
l’établissement d’un dispositif de suivi et d’enquête périodique.

[7Nos observations ont été faites courant mars 2004, avec une résolution
d’écran de 800x600 : les sites peuvent avoir évolué depuis cette
date.

[8Inexistants sous spip dans les squelettes standards.

[9Il faut ici entendre " actuel " par opposition à " potentiel " ou " latent ", c’est-à-dire par opposition à ce qui n’est pas accessible à la mesure ou à l’observation directes. Dans l’actualisation, il ne s’agit pas simplement d’un " rafraîchissement " des faits, mais bien de leur observabilité directe, ou même de leur production, d’un passage du virtuel ou du confus à l’effectif et au clarifié. Ainsi la permanence (ou la fréquence) de l’actualisation pousse indissociablement à son foisonnement et à son obsolescence (une forme de la désinformation) : c’est donc un processus à prendre très au sérieux, à une époque typiquement caractérisée par la surabondance d’information aussi bien que par l’activité de veille et le besoin de référence. Dans le domaine de la référence scientifique, l’actualisation exige une prise en charge et une précaution, et certes pas une cautèle dilatoire. C’est un processus de toute la société que la démocratie sanctionne à court terme, mais sans vraiment l’analyser (ce n’est pas sa fonction) : il y a une responsabilité à plus long terme de l’actualisation, dans la consolidation de la référence et la construction de la confiance.
Les remarques précédentes valent pour la notion d’actualité.

[10cf. J. Habermas, L’Espace Public, 1978 (1962) Payot : " Le principe de
Publicité est le principe de contrôle que le public bourgeois composé d’individus
cultivés, capables de raisonner, a opposé au pouvoir pour mettre un terme
à la pratique du secret propre à l’État absolu. Créateur d’une
véritable sphère publique, ce principe circonscrit, à partir du XVIIIe
siècle, un nouvel espace politique où tente de s’effectuer une médiation
entre la société et l’État, sous la forme d’une " opinion
publique " qui vise à transformer la nature de la domination. À l’aide
d’un ensemble institutionnel ([...]) qui permet le développement de discussions
publiques ayant pour objet des " questions d’intérêt
général ", il s’agit de soumettre l’autorité publique au
tribunal d’une critique rationnelle. "

NB. ...la forme d’une " opinion publique " qui vise à
transformer la " nature de la domination "..., c’est ce à quoi
réagit P. Bourdieu dans un article intitulé : " L’opinion publique
n’existe pas ". De la nature de quelle nature parle-t-on, en effet ? Ce qui
montre à quel point cela dérive du droit plutôt que d’une observation objective
de la réalité, donc d’une sorte d’utopie, dont on peut aussi constater
l’ambivalence ou les défaillances.

Sans s’avancer davantage dans ce débat, nous retenons un " principe de
légitimité " à l’origine de la création d’un
" espace public " de médiation, et d’un " principe de
Publicité " soumettant la recherche scientifique à une obligation
d’accompagnement (plutôt qu’à un tribunal) des questionnements de la
société, et à la reconnaissance du fait qu’en cette matière
l’indifférence serait irrationnelle, aussi bien du point de vue scientifique que
sociétal.

[11Disponibilité : état de ce qui est en non-activité, mais peut
à tout instant être rappelé à l’exercice de sa fonction. Par
exemple : " État des hommes qui, sans cesser d’appartenir à
l’armée active, sont dispensés d’être présents sous les drapeaux et
restent à la disposition du ministre de la guerre ; ensemble des hommes qui sont
dans ces conditions. Les hommes appartenant à la disponibilité ou à la
réserve de l’armée active, à l’armée territoriale ou à sa
réserve, Lettre de L. Say, ministre des finances, aux directeurs généraux,
4 avr. 1876. " Le Littré.

[12Recette. n.f. (1845) Techn. Action de recevoir et de vérifier (des marchandises,
constructions, fabrications. [Petit Robert]

Comme " terme de marine, se dit pour réception, c’est-à-dire
vérification et acceptation des matières ou des objets qui proviennent, dans les
arsenaux, des livraisons faites par les fournisseurs " (Littré)

[13Les tests de recette annexés au cahier des charges sont généralement
réalisés par l’acheteur dans ses locaux après la mise en service. La
participation du fournisseur est requise, mais ce sont des utilisateurs lambda qui font ce
test, et surtout pas les développeurs eux-mêmes.

[14Mieux cerner les profils et les pratiques des internautes permettrait de démonter la
prétendue alternative ‹ plan de site/moteur de recherche ›, qui reflète
la démarche généralement fonctionnaliste des concepteurs, et de montrer
une complémentarité bien plus probable.

[15Il y a tout de même des exceptions incontournables : les pages perso de
personnalités de grande notoriété, " multicarte ", qui
peuvent alors pointer vers un autre site d’hébergement.

[16La multiplication d’hyperliens de ce type n’est pas un signe de dynamisme, mais au contraire le
symptôme d’une mauvaise organisation que l’on tente de conjurer en faisant tout remonter
à la Une.

[17cf. Bergson, Deleuze ; et une brève problématisation de cet aspect plus loin, en [
4.3- ’actualités’ ].

[18Ce qu’on a précédemment désigné comme rubriques
" célibataires ".

[19Cf. plus haut dans " 2.3 (...) page d’accueil et à portée de clic ".Et aussi 4.3 Exceptions culturelles (...) rubriques peu fréquentes : aberrations ou rubriques émergentes ?

[20En conclusion de son oeuvre, Le Corbusier admettait ainsi qu’en matière d’architecture, c’est la vie qui finit par prévaloir, car c’est toujours
la vie qui a raison, pas l’architecture !

[21L’internationalisation est la capacité générique d’un logiciel à
être utilisé dans des contextes linguistiques et culturels différents. La
localisation consiste à adapté un logiciel dans un contexte particulier,
opération d’autant plus facile que le logiciel est internationalisé.

[22Incidemment, les menus déroulants apparaissent comme une possibilité de
créer des " pseudo rubriques " de premier niveau dans la barre de
navigation principale !

[23En produisant un effet d’" image instantanée " similaire à
l’instantané photographique.

[24On se réfère ici principalement aux conceptions développées par G.
Deleuze sur " L’image-mouvement " (1983) et
" L’image-temps " (1985).

[25En procurant une " image-mouvement ", ou une " image-changement " de l’activité du laboratoire.

[26En parallèle avec " suppléments instantanés", on devrait parler d’ " impléments permanents " pour les contenus d’un
site, archivés et prêts à l’emploi...

[27En France, c’est officiellement " l’Année de la Chine "...