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Soutenance de thèse : Meriem Hamdi-Cherif

publié le

Aligning development and energy policies under climate constraints in China - Lessons from a second-best general equilibrium framework


Résumé


Comprendre les impacts des politiques climatiques en Chine ainsi que leurs dynamiques sous-jacentes est crucial dans le cadre de la gouvernance climatique internationale. Cette thèse contribue à ce débat en tentant d’analyser les coûts et opportunités d’une transition vers une économie bas-carbone en Chine, dans un contexte où l’on prend en compte les frictions et les limites à la flexibilité des ajustements économiques, dimensions souvent négligées dans les études existantes. Elle fournit des évaluations des coûts macro-économiques de la mise en place de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre en Chine. Ces évaluations sont faites en ayant recours à un modèle d’équilibre général calculable prenant en compte des mécanismes de « second-rang » et fournissant des analyses des interactions économie-énergie-environnement qui embarquent des contraintes multiples liées à l’inertie ainsi que des déterminants comportementaux des émissions. Cette architecture de modélisation permet d’exhiber certains importants mécanismes en jeu lorsque des politiques d’atténuation contraignantes sont mises en place et de révéler des leviers qui pourraient être activés afin d’amoindrir les coûts de l’atténuation. Au-delà de l’évaluation des coûts, ce travail tente de comprendre les mécanismes sous-jacents aussi bien sur le court-terme que sur le long-terme.


La thèse commence par explorer deux importants défis auxquels la Chine doit faire face, la dépendance au pétrole et le changement climatique, en considérant différentes visions des modèles de globalisation futures. Elle tente ensuite d’illustrer en quoi la vision « partage du fardeau » n’est pas, pour un pays comme la Chine, la vision la plus appropriée pour aborder le problème du changement climatique, en particulier en terme de compatibilité avec le principe de « responsabilités communes mais différenciées ». Elle met en exergue les différents déterminants des coûts d’atténuation en jeux à différents horizons temporels permettant ainsi de pointer des possibles leviers d’action afin de réduire ces coûts. La thèse explore le rôle joué par les approches sectorielles et les réformes fiscales basées sur le recyclage des revenus de la taxe carbone comme deux stratégies possibles de réduction des coûts de court-terme. Elle étudie ensuite les effets de long-terme obtenus par la mise en place d’actions précoces sur les infrastructures à vie longue. Elle considère des politiques volontaristes visant à réduire la croissance de la mobilité et permettant d’éviter de se retrouver coincé dans des sentiers de développement intensifs en carbone.


Les analyses effectuées dans cette thèse, reposant sur un cadre de modélisation de second-rang, permettent de démontrer qu’au-delà du prix du carbone, les coûts des politiques climatiques dépendent fondamentalement du séquençage de politiques complémentaires, avec un rôle crucial des mesures « bottom-up » susceptibles de compléter le prix du carbone. La thèse défend l’idée qu’un futur durable nécessite la mise en place de mesures locales aptes à (i) fournir les bons signaux, autres que les prix courants du marché, pour les investissements de long-terme ainsi qu’à (ii) intégrer des mesures sectorielles qui agissent de façon complémentaire aux signaux prix.