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Soutenance de thèse de Magali Domergue

par Arancha Sánchez - publié le , mis à jour le

La soutenance de thèse de Magali Domergue aura lieu le vendredi 4 novembre à 9h30 dans l’amphithéâtre du CIRED au 1er étage.


Composition du jury :


Olivier BEAUMAIS, Université de Rouen, Président
Franck LECOCQ, CIRED, Rapporteur
Jean-Michel SALLES, LAMETA –Montpellier I, Rapporteur
Dominique BUREAU, CEDD - Ministère de l’environnement, Examinateur
Jean-Charles HOURCADE, CIRED, Directeur de thèse


Donner une valeur monétaire à l’environnement, une aide pour la décision publique ? Le cas de la gestion des déchets et du solaire photovoltaïque à Paris


Résumé


Cette thèse a pour objectif d’explorer les potentialités de la monétarisation des valeurs non marchandes de l’environnement pour la décision publique au travers de deux exemples clés : la production d’énergie renouvelable (photovoltaïques) et la gestion des ordures ménagères.


Pour mener à bien ce travail, il a été nécessaire de constituer une base de référence de facteurs de monétarisation (FM) pour convertir les flux quantitatifs d’impacts (tonnes de CO2, kg d’oxydes d’azote….) en valeurs monétarisées (€/tCO2, €/kgNOx…).


Le premier cas étudié montre que le bilan économico-environnemental sur 30 ans de l’installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments municipaux à Paris (investissement initial, maintenance, production d’électricité, impacts environnementaux de fabrication et pose des panneaux) laisse apparaître un coût social résultant. Ce coût résultant peut être assimilé à un budget consacré au développement de la filière photovoltaïque et à la promotion des énergies renouvelables. Mettre en lumière ce type de coût résultant représente un élément d’appréciation pour les décideurs qui peuvent alors arbitrer de manière éclairée en faveur de l’objectif environnemental poursuivi (ici la production d’énergie renouvelable).


Pour ce qui est de la gestion des déchets à Paris en 2007, les données monétarisées ont permis d’explorer de nombreuses questions et notamment de montrer tout l’intérêt environnemental du recyclage, de mettre en lumière la grande performance des incinérateurs du SYCTOM ou encore de montrer que des bennes diesel peuvent présenter un bilan environnemental compétitif par rapport aux bennes GNV plus gourmandes en énergie. [1]


L’application d’incertitudes montre que, pour les bilans avec des composantes positives et négatives, la recherche de précision sur les données quantitatives comme sur les FM est souhaitable pour limiter l’apparition de plages de signes différents dans la fourchette de variation résultante (fourchette comportant une plage de bénéfice et de coût environnemental de telle sorte que la nature du bilan environnemental étudié reste incertaine).


Pour le cas des déchets, l’analyse a été poursuivie par une projection sur 30 ans en fonction d’hypothèses de renouvellement du parc de bennes et d’évolution des FM. Ce scénario a servi de référence pour étudier l’efficacité d’actions d’amélioration du bilan environnemental futur, mettant ainsi en lumière un autre intérêt de la monétarisation qui est la possibilité de réaliser des analyses de scénarios notamment sous contrainte budgétaire.


Ce type d’analyse est basé sur des FM issus d’études différentes, menées dans des contextes différents voire à l’aide de méthodes différentes. Les résultats obtenus sont donc fragiles mais ils pourraient s’avérer préférables à l’absence de données qui conduit à des prises de décisions potentiellement arbitraires et de ce fait, potentiellement contraire à l’intérêt environnemental (effets secondaires non pris en compte, budget mobilisé pour des effets limités….). Ces résultats sont de plus vérifiables et assortis de fourchettes d’incertitudes. Ils constituent donc un support de débat autour d’un indicateur agrégé unique plus aisément manipulable et appréhendable que de multiples flux physiques d’impacts.


Pour développer la monétarisation boudée France et générer des éléments d’aide à la décision, il est nécessaire de disposer d’une batterie de FM de référence assortis de règles d’utilisation et de règles d’évolution. Pour cela, il faudrait multiplier les études pour mettre à disposition des bilans environnementaux de toutes sortes de systèmes fournissant ainsi de nouveaux FM.


[1ce résultat est modifié si l’on modifie l’échelle des FM attribués aux particules fines et à la consommation d’énergie comme cela s’opère actuellement implicitement avec la décision prise par la municipalité parisienne en 2014 d’abandonner les