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Accueil > Rubrique de services > Archive Equipe > Minh Ha Duong > SOCECO2 - Projet de recherche sur Économie et Sociologie de la filière capture et stockage géologique du CO2

Résumé et éléments de bilan du projet SOCECO2

Notes remises à l’ANR et communication par affiche au colloque d’avancement du programme CO2, Rueil Malmaison, 11 juin 2009.

publié le

Le projet a analysé comment l’ensemble des acteurs (industriels et politiques nationaux et européens, mais aussi associations, scientifiques, grand public…) dialoguent autour de la technologie de Captage et Stockage du CO2. Il montre que :
- Au niveau national et européen, la technologie bénéficie d’un fort soutien industriel et institutionnel, des choix politiques concernant cette technologie ont été faits (article 19 de la loi Grenelle 1) mais ne sont pas encore largement connus des citoyens.
- Au niveau local, le projet pilote le plus avancé en France est celui de Total à Lacq (voir illustration 1 dans le document ci dessous). Jusqu’à ce jour le climat social y a été plutôt favorable, mais le manque de recul suggère une prudence quand à l’acceptabilité car des oppositions se structurent nettement au niveau global et local.
- Concernant cette question des risques associés au CSC, nous avons montré que dans un scénario de déploiement large (1 GtC par an en 2050), la grande majorité des accidents mortels supplémentaires attendus proviendrait de l’extraction du charbon additionnelle permise par la CSC, puis du transport maritime du CO2.
- Un argument avancé par certains acteurs en défaveur de la CSC est qu’elle demande moins de facteur travail que l’énergie éolienne pour une même réduction des émissions de CO2 : l’énergie renouvelable avantage l’emploi. Une analyse input-output macroéconomique nationale a confirmé cet argument, mais montré qu’à grande échelle la CSC a un coût total moindre sur l’économie, ce qui engendre des avantages indirects sur l’emploi tendant à compenser le premier argument.

Le projet a défini et étudié trois scénarios de développement du CSC en France, qui conduisent à éviter près de 1.06 GtCO2 sur la période 2020-2050 et à stocker de l’ordre de 40 à 60 Mt de CO2 en 2050 ; selon la prise en compte du déploiement de la capture sur les émetteurs localisés dans la région PACA.
- Environ la moitié du potentiel de capture se situe dans l’industrie de l’énergie, un cinquième dans l’acier, puis dans les hydrocarbures et produits lignocellulosiques.
- Les aquifères du Dogger et du Trias dans le bassin parisien ont probablement une capacité de stockage suffisante par rapport aux sources de la région, mais aucun des aquifères du bassin de Paris ne serait seul capable de stocker le volume indiqué avant 2050. Dans la région PACA, le potentiel de captage est important ; il conduira à améliorer la connaissance des aquifères profonds qui sont mal connus.
- En tenant compte des consommations d’énergie additionnelles associées à la mise en place de la CSC selon les scénarios définis (de l’ordre de 6 à 9.8 Mtep en 2050), cette technologie permettrait d’éviter jusqu’à 52 Mt CO2 équivalent en 2050. Dans le même temps, les émissions de SOx pourrait être significativement réduites du fait de la quasi complète dissolution de ces gaz dans le solvant utilisé pour le captage (MEA). En revanche, les émissions de NOx pourraient augmenter dans la mesure où leur réaction avec la MEA est bien plus limitée que dans le cas des SOx.
- Les coûts opératoires estimés dans la littérature varient selon les scénarios entre 42 et 52 €/t la tonne de CO2 évité : captage 37-40 €/t, transport 2-6 €/t et stockage 3-8 €/t monitoring compris. Mais certains experts estiment que ces chiffres coût pourraient apparaître sous-estimés. Ils dépendent des marchés de combustibles fossiles, de matières premières et des aléas climatiques. De plus la technologie est encore jeune, on ne dispose pas de retour sur des démonstrateurs industriels. Les coûts excèdent le prix de la tonne de CO2 sur les marchés des quotas d’émissions (entre 10 et 30 €/t), mais pas la valeur tutélaire de la tonne de CO2 recommandée pour 2030 par le Centre d’Analyse Stratégique du gouvernement qui est de 100 €/t.

Lisez la suite dans les notes de synthèse en 2, 16 et 26 pages ci dessous...