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N&A/PN No 2007-04

N&A n°4 : La taxe-carbone : pour ne pas disqualifier une idée d’avenir

publié le , mis à jour le



- NA/PN No 2007-04


Title : La taxe-carbone : pour ne pas disqualifier une idée d’avenir
Authors : Jean-Charles Hourcade
Document Date : novembre 2007
Language : français
Incipit :

Suite au Grenelle de l’environnement, le Président de la République a annoncé sa volonté de mettre à l’étude une taxe carbone. C’est une bonne nouvelle pour moi, mais, ayant vu un front de refus hétéroclite briser la proposition européenne de taxe carbone-énergie en 1992, la BTU tax de Clinton en 1993, l’écotaxe du gouvernement Jospin en 1998, je sais que la porte aujourd’hui ouverte pourrait vite se refermer, surtout dans un contexte de prix élevé du pétrole. [1]

Ce front du refus a réussi à empêcher à chaque fois toute discussion sérieuse de cet outil grâce à la mise en scène de postures idéologiques contradictoires et d’inquiétudes justifiées. Il réussira encore si la taxe carbone est défendue comme la recette magique d’une nouvelle ère écologique, sans tenir compte des inquiétudes et difficultés immédiates que vivent ‘les gens’, le vulgus pecum, bref chacun d’entre nous. La pugnacité de Nicolas Hulot pourrait ne pas suffire face à une avalanche de prises de parole et micro-trottoirs qui amèneront une fois de plus l’opinion consultée par sondages à répondre « on n’en veut pas » : marins pêcheurs, taxis, agriculteurs, transporteurs routiers au bord de la rupture, ruraux et banlieusards dépendants de l’automobile pour accéder à une grande surface ou à leur travail, ménages pauvres étranglés par leur facture de chauffage.

Cette liste à la Prévert énumère de vrais problèmes et je ne saurais militer pour que s’aggravent, par exemple, les difficultés de ceux qui s’accrochent pour que vivent les vallées de mes Pyrénées natales. Quoi qu’on en pense, la grève de la faim d’un Jean Lasalle fût le révélateur d’une vraie détresse et il y a d’autres vraies détresses dans la liste que je viens d’énoncer. Mon inquiétude est qu’elles soient démagogiquement utilisées une fois de plus pour prendre en squeeze l’idée de taxe-carbone dans un jeu de postures contradictoires : réflexe anti-écolo faisant de la taxe-carbone une idée de « bobo », réflexe écolo y voyant un risque de favoriser le nucléaire, réflexe antifiscal du contribuable contre Bercy, réflexe compassionnel pour les pauvres touchés par la cherté d’un bien essentiel, réflexe antilibéral pour qui l’écotaxe est un instrument de marché évitant ‘de vraies’ contraintes sur les entreprises, réflexe anti-étatique contre un outil discrétionnaire aux mains de l’Etat, réflexe anti-judéochrétien soupçonnant une volonté punitive de ‘rachat des fautes’, réflexe syndical de protection de l’emploi, réflexe patronal de défense de la compétitivité. Je voudrais ici contribuer à éviter cette prise en otage de problèmes réels pour enliser une bonne idée ou l’appliquer à des doses homéopathiques. La clef de l’affaire est de situer cet instrument de politique environnementale dans un contexte de défis plus larges comme la sécurité énergétique et le maintien d’une protection sociale élevée dans un contexte de mondialisation de l’économie et de démographie vieillissante. La citation provocatrice de Bill Nordhaus en exergue de ce texte [2] suggère bien que l’outil fiscal permet d’inscrire nos politiques environnementales dans un projet plus large de société et de politique économique. Certes, son raccourci est osé mais il résume bien l’enjeu.

... Pour lire la suite, téléchargez : NA/PN No 2007-04 (pdf, 1.16Mo)

Aussi dans ce document :

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Henri PRÉVOT, Pour un impôt carbone juste, 15-10-07, dans Les Echos

Suisse - Office fédéral de l’environnement OFEV - Taxe sur le CO2



[1Texte personnel mais bâti avec Emmanuel Combet à partir des travaux menés au Cired,
en particulier avec Frédéric Ghersi, Philippe Quirion et avec l’aide de Franck Nadaud.

[2voir le texte intégral en téléchargement ci-dessus.