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Captage et Stockage du CO2 au Grenelle de l’environnement

publié le

Résumé : Le captage et stockage du CO2 n’a pas été oublié dans les conclusions du Grenelle de l’Environnement. Sa place dans le rapport semble modeste relativement à son potentiel de réduction à moyen terme. Deux associations s’opposent au financement public de la recherche sur ce thème.


La CSC a été discutée dans le Groupe 1 « lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d’énergie ».
Ce groupe était co-présidé par Sir Nicholas STERN, Docteur en économie de l’université d’Oxford, et Jean JOUZEL, Président du conseil d’administration de l’Institut polaire français Paul-Emile Victor.

L’atelier n°3 intitulé "Energie et stockage du carbone" comprenait :
- Maîtrise de la demande
- Les filières nucléaire, thermique et renouvelable
- Stockage du carbone
- Biocarburants

Grenelle de l’environnement, Groupe I. Synthèse et principales mesures

La technologie figure parmi les propositions définitives (document ci dessus) :

3. Programme de développement pour la capture et le stockage du carbone
- Financement de la recherche et du recyclage du carbone capté et des solutions de stockage.

Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l’énergie

Extraits du rapport de synthèse (document ci dessus) concernant la CSC :

5.4 Limiter la consommation d’énergies fossiles non indispensables, en particulier pour la production d’électricité

Les centrales thermiques classiques jouent un rôle encore certain dans l’approvisionnement électrique
français. Aux centrales déjà existantes s’ajouteront peut-être bientôt d’autres unités, compte tenu du
nombre de projets à l’étude (nombreuses centrales à gaz, quelques centrales à charbon).

Le groupe de travail émet de fortes réserves sur l’opportunité d’ajouter au paysage électrique français,
excédentaire en capacités de production, des unités fondées sur des combustibles fossiles, en raison
du caractère non durable des ressources utilisées, de la forte émissivité de gaz à effet de serre de ces
centrales, et du piètre rendement énergétique dont elles font preuve.

Le groupe de travail souhaite particulièrement la limitation des centrales à fioul ou à charbon. Réseau
Action Climat France appelle à cesser tout financement public à ces filières (certains contributeurs
proposent d’ailleurs, plus largement, de supprimer tout financement public aux industries fossiles, y
compris les financements indirects par le biais des banques publiques multilatérales), tandis que la
CGT et la CFE-CGC estiment que l’on ne doit pas bloquer la modernisation du parc thermique dans
l’attente de la disponibilité de la technologie de séquestration du CO2 car le thermique à flamme garde
un intérêt économique sur une frange limitée mais réelle de la consommation française. Elles
proposent un programme de recherche sur l’utilisation de charbon couplée à un dispositif de stockage
et séquestration du dioxyde de carbone. Le Medef souhaite que le mécanisme de quotas post-2012
soit efficient, de façon à inciter à reconvertir ces centrales dans des moyens plus performants.

Concernant les centrales à gaz, FNE alerte sur le nombre de projets (plus de 20) et propose plus
généralement aux pouvoirs publics de vérifier que l’accumulation de ces nouvelles centrales
thermiques reste compatible avec les objectifs de la politique énergétique, qui doit permettre de
diminuer la consommation d’énergie et de décorréler le PIB et l’énergie.

Le groupe de travail est circonspect sur les projets de réouverture de mines de charbon et, sans
proposer de mesures concrètes à ce stade, indique son extrême réserve à la réalisation de ces
projets, dans le contexte actuel.

La FNCCR propose de mettre en place une taxe locale sur la consommation de gaz naturel qui
pourrait être affectée à des actions de maîtrise de la demande d’énergie.

Proposition : imposer progressivement, par la voie réglementaire, aux centrales à combustible fossile
un taux d’émission de dioxyde de carbone et de particules correspondant aux technologies les plus
performantes

NB : une partie des membres du groupe de travail propose de geler les projets de capacité
additionnelle de production par des centrales aux charbons dans l’attente de la disponibilité effective
des technologies de captage et séquestration du dioxyde de carbone. Certains, même, proposent de
contraindre le remplacement des centrales existantes par des cycles combinés à gaz. Ces deux
propositions n’ont pas recueilli l’assentiment de la CFE-CGC, de la CGT, et du Medef.

Un peu plus loin :

8. Profiter de la présidence française de l’Union Européenne pour impulser ou accélérer quelques grands programmes européens

La présidence française de l’Union Européenne, au second semestre 2008, constitue une opportunité
pour lancer ou impulser plusieurs grands chantiers qui ne peuvent être traités qu’au niveau européen :

[...]

- le déploiement de plusieurs expérimentations de captage et stockage industriel de CO2 et la diffusion de ces techniques dans les pays émergents, avec un encadrement législatif et réglementaire adapté (paragraphe 4.1). Les associations de l’Alliance pour la planète et FNE sont opposées à cette proposition.

et au chaptre de la recherche, la CSC est mentionnée mais pas mise en avant en conclusion :

Dans le domaine de la production et de la consommation d’énergie, les thèmes suivants apparaissent prioritaires :

[...]

- captage et stockage de CO2 (sur ce sujet, les associations d’Alliance pour la planète et FNE sont opposées à ce qu’il y ait un financement public de la recherche),

Proposition : le groupe souhaite une augmentation du budget de la recherche sur les thématiques
en relation avec le changement climatique et l’efficacité énergétique, et s’accorde pour placer en
première priorité la recherche sur l’énergie d’origine photovoltaïque (solaire), sur l’efficacité
énergétique et sur les transports collectifs.