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Méthodes qualitatives

par Arancha Sánchez - publié le , mis à jour le

Approches sociologiques


Le CIRED s’est défini dès sa création par une volonté d’interdisciplinarité. Les approches sociologiques, déclinées en fonction des objets et des enjeux, ont été marquées par des analyses institutionnelles à la croisée des enjeux d’environnement et de développement.


La montée en puissance des enjeux environnementaux dans un contexte néolibéral, depuis les années 1990, a induit une recherche de double dividende environnement/croissance au travers de développements technologiques de plus en plus adossés aux marchés. La technologie, le marché, la finance, les processus de capitalisation et les savoirs qui les sous-tendent – l’économie, la modélisation ou la scénarisation des futurs …- ont acquis une dimension saillante et sociétale dans les processus analysés.


Les approches sociologiques développées au CIRED se sont étoffées et puisent dans un registre pragmatique de suivi des pratiques et des processus de constitution des technologies et des marchés - sociologie des controverses, sociologie acteur-réseau, sociologie économique, théorie des pratiques … Elles s’intéressent à la dimension performative –i.e. qui fait advenir son objet - des savoirs et des collectifs qui leur sont associés. Il s’agit de nourrir une compréhension critique des processus qui sont à l’œuvre, des normes dont ils sont porteurs, des allocations de pouvoirs, de rôles et de richesses qui leur sont associés.


Ces approches sont développées dans les domaines des usages de l’énergie, de la transition énergétique, de son financement, de la construction des futurs climat-énergie.


Chercheurs : Alain Nadaï, Christophe Cassen


Approches historiques


Au CIRED, l’histoire est présente en tant que discipline mais aussi comme objet d’étude à part entière et outil de réflexivité permettant d’étayer les recherches contemporaines en matière environnementale par les expériences pratiques et théoriques du passé. Deux séries de travaux concernent particulièrement les thématiques de recherche explorées au CIRED.


Une première série de travaux relève de l’histoire environnementale, économique et sociale. Ces travaux portent sur l’histoire des villes et de l’industrie, leurs relations et particulièrement l’histoire de la pollution industrielle depuis le XVIIIe siècle, les questions d’aménagement territorial et de gestion des espaces urbains, les pratiques d’ingénierie et les relations de pouvoir entre acteurs locaux, la justice environnementale. Ils s’intéressent également à l’histoire de l’énergie et des transitions énergétiques.


Une deuxième série de travaux adopte une perspective d’histoire de la pensée économique, en cherchant à tracer des correspondances entre les discours économiques d’hier et ceux d’aujourd’hui dans le domaine des ressources naturelles et des externalités environnementales. Plus fondamentalement, est également interrogée la façon dont la discipline économique conçoit la contrainte environnementale ; et l’étude des rapports entre science économique et sciences de la nature peut à cet égard servir de clé d’entrée. Cette histoire de l’économie de l’environnement et des ressources naturelles interroge la façon dont les économistes appréhendent, théorisent et modélisent les enjeux environnementaux, hier comme aujourd’hui.


Chercheurs : Antoine Missemer, Geneviève Massard-Guilbaud, Christophe Cassen, Franck Nadaud.


Economie institutionnaliste et néo-institutionnaliste


L’analyse institutionnaliste s’intéresse spécifiquement aux questions suivantes : formes de concurrences, régimes de propriétés, rôle de l’Etat, intégration dans le commerce international, relation entre les organisations privées et l’environnement social et naturel, compatibilité des dispositifs avec les institutions formelles et informelles des pays concernés, existence d’une pluralité de "modes de gouvernance" au-delà des dichotomies classiques marché/hiérarchie ou firme/Etat, impact des sentiers de dépendance institutionnelle dans le déroulement des négociations climat ou biodiversité et la production de scénarios modélisés.


Concernant l’analyse néo-institutionnaliste sur les questions environnementales, l’enjeu est notamment de décrire les caractéristiques des transactions relatives au capital naturel (notamment la biodiversité) pour comprendre comment ces dernières génèrent des coûts de transactions et comment des formes organisationnelles spécifiques (marchés, hiérarchies, hybrides) sont adaptées pour y faire face. Sur les questions d’énergie et notamment de transition énergétique dans des marchés libéralisés, l’enjeu est de comparer et d’identifier les arrangements institutionnels et les mécanismes de marché pour promouvoir des énergies bas carbone (dont les ENR) en cohérence avec les market designs des marchés électriques et gaziers. Enfin, au niveau des négociations internationales sur le climat, il s’agit d’identifier l’articulation entre les dynamiques liées aux négociations climat et la communauté des modèles intégrés.


Chercheurs : Bernard Barraqué, Christophe Cassen, Gilles Crague, Dominique Finon, Harold Levrel, Franck Nadaud